UGC Cine Cite Strasbourg Etoile

UGC Cine Cite Strasbourg Etoile
Voici le cinema ou je vais quand l'envie me prend de me faire une toile. Bon d'accord, on ne voit rien sur cette photo que j'ai trouve sur le net, on va faire avec.

Il s'appelle UGC Cine Cite Strasbourg Etoile, c'est un joli nom, c'est parce qu'il se situe tout pres de la Place de l'Etoile, a la limite du Neudorf. On y accede par le Pont Churchill, qui ne va pas tarder a etre detruit car bientot, on pourra aller au cinema en tram, il y aura un arret special "Cine Cite"! La classe je dis.
C'est le deuxieme plus grand cinema de France et le plus grand UGC Cine Cite d'Europe, avec ses 22 salles et 5400 places en tout. Il fait le bonheur des cinephiles et des bouffeurs de pop-corn, car ici sont projetes aussi bien des films d'auteurs en version originale que les blockbusters americains. Parfois on a meme le choix entre les deux versions!
Il y a aussi des avant-premieres prestigieuses suivies de rencontres avec les acteurs et les realisateurs. J'ai donc reussi a voir Francis Weber (Le diner de Cons), Jacques Perrin (Les Choristes), Enki Bilal et Lynda Hardy (Immortel), et surtout mon idole Jean-Pierre Jeunet accompagne d'Audrey Tautou et Dominique Pinon (Le fabuleux destin d'Amelie Poulain)! Des moments inoubliables! Il n'y a rien de plus interessant que de les entendre parler sur le film que l'on vient de voir! On peut meme leur poser des questions!
Autre evenement inoubliable que j'ai vecu ici, le marathon Seigneur des Anneaux: Les trois films d'affile en version longue de 13h a minuit! C'etait gigantesque! Une super bonne ambiance et quatre salles pleines a craque de fans!
J'ai aussi ma salle preferee, la salle 30, ou les sieges sont renges en gradins, comme dans un amphitheatre. On a toujours une vue exceptionnelle sur l'ecran et le son est demoniaque, les basses font trembler les sieges!

En bref, un excellent complexe cinematographique, avec lequel je peux acceder autant de fois que je le veux puisque je suis abonne a la formule illimitee pour 18 euros par mois! Le bonheur je vous dit. Le bonheur.

# Posté le jeudi 07 avril 2005 17:20

LA PEUR

LA PEUR
"Toute beaute a quelque chose de bizarre dans ses proportions."
F. Bacon

# Posté le vendredi 08 avril 2005 05:50

Reaction a chaud: CALVAIRE - Fabrice du Welz

Reaction a chaud: CALVAIRE - Fabrice du Welz
Film franco-belge avec Laurent Lucas, Jackie Berroyer et Philippe Nahon (2005).

GLORIAAAAAA!!!!
































Resume: Un artiste chanteur se rend a un gala de noel dans le sud avec sa camionette. Mais elle tombe en panne au milieu de nulle part. Il est oblige de passer la nuit dans une etrange auberge, non loin d'un village isole qui abrite des hommes aux moeurs douteuses...

"L'absence d'amour fait perdre la raison."

CALVAIRE ne reussit que la moitie de ses paris. En ce qui concerne l'ambiance, glauque a souhait, rien a dire: la realisation est tres soignee, un modele du genre (images granuleuses, filtres, composition, etc.). Le pari est donc gagne. En ce qui concerne le scenario, il y a deux choses a dire. D'abord, meme si l'histoire manque d'originalite, je trouve que le recit s'enchaine naturellement, c'est bien ecrit dans l'ensemble. Malheureusement, il n'y a qu'un seul personnage qui soit bien travaille, c'est celui de Bartel, au detriment de Marc Stevens, le protagoniste, c'est dommage, le spectateur ne s'identifie pas facilement a lui, d'autant plus que le jeu de Lucas n'est pas convainquant par moment, Berroyer restant nettement meilleur acteur. Il est tres emouvant. Ensuite, quel dommage que l'histoire soit passe un peu a la trappe face a la reflexion sous-jacente que voulait nous offrir Du Welz! C'est plus complexe qu'en apparence et, a trop vouloir reflechir, il se perd dans des significations que le spectateur ne comprend pas forcement. Vraiment dommage qu'il n'y ait pas eu plus d'equilibre entre ces deux choses...
Toutefois, la reflexion est interessante et tres riche en questionnements (que devient l'humanite sans amour?). La meilleure scene du film est celle du "bal", ou le banal devient bizarre, un peu comme le fait David Lynch. Tres bien foutu. A noter la presence de Philippe Nahon (habitue de Gaspard Noe), toujours parfait.

En deux mots: un bon film qui reussit a parler des effets de la privation de l'amour sous des faux airs de thriller psychologique et d'epouvante.




--13/20--

# Posté le vendredi 22 avril 2005 09:46

Modifié le mardi 20 septembre 2005 06:01

Ciné Live

Ciné Live

# Posté le vendredi 22 avril 2005 10:59

Modifié le mercredi 08 juin 2005 04:57

IRREVERSIBLE - Gaspard Noe

IRREVERSIBLE - Gaspard Noe
Parce que le temps detruit tout. Parce ce que certains actes sont irreparables. Parce que l'homme est un animal. Parce que le desir de vengeance est une pulsion naturelle. Parce ce que la plupart des crimes restent impunis. Parce ce que la perte de l'etre aime detruit comme la foudre. Parce ce que l'amour est source de vie. Parce ce que dans un monde bien fait le tunnel rouge n'existerait pas. Parce ce que les premonitions ne changent pas le cours des choses.
Parce ce que le temps revele tout.
Le pire et le meilleur.




Film francais avec Vincent Cassel, Monica Belluci, Albert Dupontel et Philippe Nahon (2002).


Resume: L'enfer d'un club gay. Un massacre. Une vengeance. Un viol. Une soiree. Deux amoureux. Un bebe. Un espoir. Le bonheur.

Je retrousse mes manches et voila que j'ai la lourde tache d'ecrire cet article sur ce film provoquant et scandaleux, une bouillie filmique nauseeuse et sans but, sans autre interet que celui de faire scandale. C'est violent et insoutenable, oui, une scene de viol de 9 minutes, oui, des images qui donnent envie de vomir, la gerbe, une crasse dans laquelle on reste embourbee pendant plus d'une heure trente.

Et pourtant, dans ce marasme, dans ce tourbillon d'images saoules et tremblantes, se cache un veritable film d'auteur. Dommage que certains ne s'arretent qu'aux images, c'est un voile crasseux qui cache bien des choses. C'est un des enseignements que nous donne ici Noe, tenter de voir au-dela des apparences.
Le film se divise en longs plans-sequences montes a l'envers: on commence par la fin donc. Noe fait preuve d'une realisation qu'il faut avouer, brillante. Il a le sens de la composition et s'impose des defis techniques assez surprenants. La camera virevolte et tremble, suit les faits et gestes des personnages, semble leur coller a la peau et ressentir leurs emotions (qui a remarque les furtifs gresillements de l'image au moment ou l'agresseur s'empare de la fille avant de la violer?) comme les battements cardiaques qui font tressauter l'image. Non, Noe est un artiste de l'image, il sait poser une ambiance, la photographie est excellente.
La musique, elle aussi, colle parfaitement. Notons qu'il s'agit de Beethoven et de Thomas Bangalter, l'un des membres du groupe DAFT PUNK dont je suis fan. C'est donc en toute subjectivite que je dit qu'il a fait du tres bon travail.
Noe possede un sens de direction d'acteurs absolument brillantissime: tous les acteurs sont stupefiants.

Le scenario est implaquable. C'est comme un gouffre dont on ne peut pas echapper, une vision du monde pessimiste et malsaine, qui se retrouve aussi dans le precedent film de Noe, SEUL CONTRE TOUS, dont il fait un clin d'oeil au debut en integrant le personnage du boucher joue par Nahon, excellent acteur. Le cineaste inscrit IRREVERSIBLE dans la continuite de son oeuvre. Le film amene a reflechir sur le temps et ses consequences, avec un constat amer: tout ce qui doit arriver arrive irremediablement. Un vision des choses que l'on peut facilement contester, c'est vrai. Tout est irreversible: la vengeance est humaine, mais elle ne mene a rien, c'est comme un coup d'epee dans l'eau. On ne peut rien faire contre les evenements. Belle reflexion egalement sur l'amour et la haine. On pourrait lui reprocher une dichotomie trop appuyee, mais cela ne nuit pas a la qualite de l'oeuvre. Ce film permet de nous dire que le monde dans lequel nous vivons n'est pas parfait, que des choses atroces sont commises tous les jours, ainsi, contrairement a ce que certains pensent, Noe condamne le viol, il respecte les victimes, pas de quoi les heurter donc. D'abord anodines, la phrase "le temps detruit tout" qui ouvre le film n'est pas inutile. Peut-etre un peu radicale, oui, radical comme tout le film: une baffe, une confrontation crue et d'une certaine "purete" (tant pis, je risque d'en choquer certains), radical comme la facon de penser de Noe. "Le temps revele tout" qui clot le long metrage est plus pertinente: les secrets ne sont-ils pas tous reveles un jour ou l'autre?
Ce n'est pas les actes commis en eux meme qui choquent le spectateur, mais les images, cette facon de filmer l'infilmable, de montrer l'inmontrable, de nous faire subir malgre nous les souffrances des personnages. Un film fait pour faire scandale? Assurement non, car le cineatse va plus loin que la simple violence, il veut nous dire que ce ne sont pas les images qui importent, mais les faits. Tout le monde parle de viol, sans pour autant etre choque a en vomir a chaque fois. Il veut nous amener a comprendre pourquoi de tels actes peuvent etre commis.
On s'eloigne de la violence a la Tarantino qui elle, ne fait pas reflechir car c'est du pur divertissement, il filme ce qu'il a envie de voir au cinema, rien de plus. On est loin aussi de la violence d'un Haneke, qui LUI denonce la violence dans les films en la montrant aussi inutile que possible. La violence de Noe n'est pas inutile. Elle fait le constat d'un monde, d'une facon de penser qui lui est propre et que j'encourage ici de respecter.

En deux mots: Un film reellement malsain et utra-violent, mais etonnament humain.




--19/20--

# Posté le vendredi 22 avril 2005 12:09

Modifié le mardi 20 septembre 2005 05:59