Film américain avec Bruce Willis, Benicio del Toro, Michael Madsen, Elijah Wood, Mickey Rourke, Josh Hartnett, Clive Owen, Michael Clarke Duncan, Jessica Alba (2005).
Resume: Sin City est la ville des tous les vices et des pêchés, où des hordes de prostituées font la loi, où des tueurs exécutent des contrats de sang froid, où des flics corrompus jouent aux plus grands salauds, où des femmes fatales sont impliquées dans des complots, où la vangeance est un plat qui se mange froid, tout comme le corps des victimes...
Difficile de résumer un film au récit très éclaté, un peu à la Tarantino: on abandonne subitement un personnage pour un autre, en remontant dans le temps sans indice temporel et sans complexe. Mais le spectateur qui pénètre dans SIN CITY ne s'y perd pas. On y suit l'épopée vengeresse de plusieurs héros en mal d'amour, le long d'une route ensanglantée. Tout simplement sublime.
Au niveau graphique, c'est du jamais vu. Transposer la BD telle quelle au cinéma était un pari osé, mais dont tous les objectifs sont remplis avec succès. Le noir et blanc est magnifique, on a vraiment l'impression que les décors sont dessinés, les acteurs ressortent de l'image comme si leur mauvaise intégration était voulue. Les touches de couleur sont fluorescentes parfois et renforcent le caractère de certains protagonistes. La réalisation est de très bonne facture, les angles de vue sont recherchés et on sent que les deux réalisateurs ont pris du plaisir à monter leur oeuvre. Ce film est d'une plastique impeccable, rien à dire.
Le scénario se suit comme les tomes d'une bande dessinée, mais concentrés en un seul volume. Original, mais déroutant au départ. Le film a une unité, les intrigues s'entrecroisent, mais cela rend le tout moins abordable. Cependant, ce n'est en aucun cas un point faible ni même un défaut, étant donné que c'était le parti pris volontairement. Je dis seulement que je ne m'attendais pas à ça, mais plutôt à une histoire plus linéaire. C'est selon les goûts et les attentes de chacun.
Le long métrage ne demeure pas moins un pur concentré d'action, de violence et de rebondissements (mineurs mais rebondissements quand même), exactement dans la lignée de la BD de Frank Miller. La violence fait partie du spectacle, elle est même relativement poussée (beaucoup de membres y sont tranchés non sans humour, des têtes sont explosées sont l'impact des coups de poing, le sang se répand abondamment, un chien déguste les restes de son maître alors que celui-ci est encore vivant, bon point à Benicio del Toro, dont la tête décapitée parle encore, pour notre plus grand plaisir!), mais de la violence rare qui fait du bien aux yeux! On prend réellement beaucoup de plaisir à savourer certaines scènes bien gores.
Casting époustouflant, les acteurs sont excellents, Bruce Willis émouvant et Benicio del Toro charismatique au plus haut point. Mais je récompense Elijah Wood en absolu méchant, remarquable et délicieux, comme on aimerait en voir plus souvent.
En bref, ça cartonne dans tous les coins de rue, ça danse dans les bars des quartiers douteux, ça flingue sur les toîts des immeubles, ça zigouille au fond des ruelles sombres, ça complote dans les bureaux hauts placés, ça se venge encore et encore, ça tue et tue, tout au long de ce film remarquable, boudé au festival de Cannes et qui satisfera les amateurs de belles donzelles armées et de brutes épaisses au grand coeur. Et les autres aussi.
En deux mots: Un excellent film à l'esthétisme soigné, réalisé avec la passion et l'amour du travail bien fait. Un divertissement mené tambour battant, à ne rater sous aucun prétexte.
--14/20--