PSYCHOSE - Alfred Hitchock

PSYCHOSE - Alfred Hitchock
Film américain avec Anthony Perkins, John Gavin, Vera Miles et Janet Leigh (1960).

"It's not as if mother were a maniac, a raving thing.
She just goes a little mad sometimes.
We all go a little mad sometimes.
Haven't you?"













Résumé: Marion en a assez de son quotidien et de son travail qui ne l'intéresse plus. Lorsque son patron lui demande de déposer 40000 dollars à la banque, la tentation est trop grande, elle s'enfuit avec les billets verts. En route, elle s'arrête, fatiguée, dans un motel tenu par le sympathique Norman Bates. Et pour finir sa journée et se détendre, elle décide de prendre une douche...

S'il est une seule oeuvre du maître qui n'ait pas vieilli et qui agit toujours autant encore aujourd'hui, c'est bien celle-ci. PSYCHOSE est vraiment l'archétype du film parfait, plusieurs fois copié depuis, sa structure inébranlable force le respect. Je ne dévoilerais rien des multiples surprises que réserve ce film, car malgré son statut de classique, il surprend encore et peut même choquer, comme un bon film d'épouvante actuel. Mais il est bien évidemment beaucoup plus que cela.
La réalisation est un modèle, une véritable leçon de cinéma. L'histoire, adapté du roman de Robert Bloch, est d'un étonnant machiavélisme et prend un malin plaisir à manipuler le spectateur, jusqu'à la toute fin, en le laissant croire les fabulations d'un homme que l'on croit parfaitement sain. Tout le film repose sur une succession de fausses pistes habilement agencées et qui orientent dans la fausse direction.
Le long métrage présente une cassure en son milieu, ce qui renverse un certain nombre de codes et bouscule les conventions. Un vrai choc. La scène de la douche, cultissime, a toujours autant d'impact, et surtout grâce à la formidable musique de Herrmann. Le clou du spectacle est bien entendu la fin, qu'il ne faut révéler en aucun cas et qui laisse une agréable sensation.
Dans la version restaurée du DVD, le noir et blanc est absolument irréprochable, tout en nuances. Une occasion unique pour découvrir et redécouvrir ce chef-d'oeuvre intemporel et universel, avec son lot de seconds rôles (le vendeur de voiture, le policier) savoureux. De quoi passer des heures à décortiquer plan par plan le génie d'Hitchock! Dommage que je ne peux pas le faire ici, sous peine d'écrire des spoilers!

En deux mots: Un chef-d'oeuvre, un modèle, un bijou, un joyau!





--20/20--

# Posté le mardi 07 juin 2005 12:53

Modifié le lundi 19 septembre 2005 03:55

Réaction à chaud: CRAZY KUNG FU - Stephen Chow

Réaction à chaud: CRAZY KUNG FU - Stephen Chow
Film chinois avec Stephen Chow, Wah Yuen, Leung Siu Lung (2005).

































Résumé: A une époque indéterminée, les gangs règnent dans les villes et la police n'a plus aucun pouvoir. Le plus dangereux d'entre tous est le cruel clan des Haches. Sing, prétendu gangster, doit faire ses preuves pour y entrer et doit tuer plusieurs personnes, ce dont il est complètement incapable. Au même moment, le clan éprouve quelques difficultés avec les propriétaires d'une petite communauté dont les habitants sont en fait de redoutables maîtres en kung-fu...

Enorme succès dans son pays où il bat tous les records, CRAZY KUNG FU rempli son objectif principal qui est de nous divertir. L'action est survitaminée, ça n'arrête pas du début à la fin, même si Stephen Chow n'excelle pas dans la mise en scène des combats, de même que certains effets spéciaux ratés. Qu'importe, ça bastonne à tout azimut sans se poser de questions sur le pourquoi du comment. Et ça fonctionne plutôt bien.
L'histoire, très loin d'être originale, a quand même du mal à captiver, surtout dans la première partie du film. Mais les personnages et les figures présentées sont pittoresques, cartoonesques et sympatoches. L'humour, bien que présent ne casse pas des briques, contrairement au héros du long métrage. Il aurait pu être encore plus poussé et élaboré, c'est trop superficiel et déjà-vu, ça aurait pu être plus cartoon encore. A part quelques sourires, le néant.
Cependant je dois avouer que certaines séquences scotchent et décollent la rétine, surtout les dernières minutes. Ca rattrape un début moyen et finit en beauté. C'est clair qu'il y a du travail derrière, des efforts. On voit l'influence de Tarantino (les membres du gang des Haches sont tous habillés d'un costume noir), dommage que la violence soit également assez éteinte, mais c'est un avis tout à fait personnel!

En deux mots: Un divertissement très moyen qui ne fait que divertir. Ce qui est déjà pas mal.




--12/20--

# Posté le mercredi 08 juin 2005 16:45

Modifié le lundi 19 septembre 2005 03:55

TUEURS-NES - Oliver Stone

TUEURS-NES - Oliver Stone
Film américain avec Woody Harrelson, Juliette Lewis, Robert Downey Jr et Tommy Lee Jones (1994).
































Résumé: Mickey et Mallory Knox, un couple de jeunes et beaux tueurs, deviennent des stars de la télévision et les héros du peuple américain...

Sans conste le film le plus audacieux d'Oliver Stone, sur une histoire du génialissime Tarantino, TUEURS-NES pose une question fondamentale: jusqu'ou peut aller le pouvoir de l'information? Le long métrage la pose très bien et en propose quelques réponses possibles, ainsi que les conséquences. La popularité atteint un tel sommet que les journalistes se battent pour organiser des interviews dans la prison où sont enfermés à un moment donné du film les deux malfrats, afin de faire un maximum d'audience! Est-ce que cela peut arriver aujourd'hui? Les tueurs deviennent des idoles auxquelles on peut s'identifier, que l'on peut admirer, dans le film des fans s'habillent comme eux (font comme eux?), les respectent (parce qu'ils osent aller à l'encontre de la société? parce qu'ils sont libres?), ce qui tout est de même un phénomène gravissime s'il se produisait dans la réalité (ce qui est déjà arrivé il me semble). Si un gamin se prend pour Batman passe encore, mais s'il se prend pour Manson, là est le pas qu'il ne vaut mieux pas franchir!
Et pourquoi sont-ils si populaires? A cause des médias, mais qu'est-ce que les médias ont mis en avant? Leur amour! Ils s'aiment malgré leurs épreuves, ils vivent leur amour dans la liberté. Les gens sont sensibles à l'amour, c'est ce qui les fait s'identifier. Ce sont des monstres, mais ils ont quand même quelque chose d'humain. Ils tuent sans ressentir d'émotions mais ils en ressentent quand même un majeur. TUEURS-NES est d'abord un grand film d'amour.
Malgré la réflexion que soulève le film, je ne suis pas d'accord avec le traitement que lui a infligé le réalisateur. Sa mise en scène est plus que mauvaise et ressemble à celle d'un premier film amateur. Les angles de vue, le passage noir et blanc couleur, les caméras différentes, à quoi ça sert? Il m'a semblé que cela était tout à fait inutile et ne faisait qu'allourdir l'ensemble. L'histoire est suffisament bonne, pas besoin d'en rajouter. Une réalisation plus sobre aurait eu plus d'impact. C'est très maladroit de la part d'un réalisateur qui a pourtant déjà fait ses preuves.
Bon sinon les acteurs sont excellents et bourrés de charisme. La musique elle aussi est remarquable, mais elle ne rattrape malheureusement pas les faiblesses de la mise en scène.

En deux mots: Un film beaucoup trop applaudit qui ne cache pas ses faiblesses. N'est pas Tarantino qui veut!




--13,5/20--

# Posté le mercredi 08 juin 2005 17:42

Modifié le lundi 19 septembre 2005 03:54

C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS - Remy Belvaux/André Bonzel

C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS -  Remy Belvaux/André Bonzel
Film belge avec Benoît Poelvoorde, Jacqueline Poelvoorde Pappaert, Nelly Pappaert (1992?).

Cinémaaaaaa! Cinémaaaaaaaaaaaa!































Résumé: Un réalisateur décide de tourner un film sur la vie et l'oeuvre d'un sérial killer, Ben. Mais pour ce faire, il faut le suivre partout pour capter le maximum d'images, plus atroces les unes que les autres.

Rien de plus facile pour immerger un corps. Il s'agit simplement d'un rapide calcul à faire. Car on ne coule pas de la même manière un adulte, un enfant, un nain ou une vieille, chez qui les os sont déjà poreux.
De même, les techniques sont très diverses, on ne tue pas sans réfléchir. Si on peut économiser une balle, gardons-la dans le chargeur. Les meilleures cibles? Les personnes âgées qui cachent toujours dans leurs bas de laine des rouleaux de billets de banque.
Aussi, en début de mois, l'idéal est de se faire un petit facteur gringualet dans une ruelle. Histoire de repérer les adresses des gens riches.
Ainsi va la vie active de Ben, sérial killer sympathique et drôle, mais qu'on ose pas vexer, sous peine de se retrouver avec le canon de son révolver dans la bouche. Ben tue pour son compte en banque, quoi de plus légitime!
Véritable bombe dans tous les festivals où C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS est passé, le film fera le bonheur des amateurs d'humour noir. Mais attention, à ne pas mettre sous toutes les frimousses car il ne s'agit en aucun cas d'une comédie familiale. Aussi, bon nombre de scènes peuvent choquer. Pour les autres, ce sera drôle. Puis on rit jaune. Puis on ne rit plus du tout. Je ne vais rien révéler du long métrage, mais l'effet du film agit longtemps après encore, comme un plat d'huîtres qui a du mal à digérer. Filmé en noir et blanc et caméra à l'épaule, comme un film amateur, l'effet n'en est que plus accentué. Le spectateur est constamment impliqué dans ce qui se passe, on se sent coupable de suivre cet individu et de regarder ses méfaits s'accomplir.
Mais quel film quand même et Benoît Poelvoorde, absolument extraordinaire avec son accent belge à couper au couteau (c'est le cas de le dire). Sa tronche fait vraiment marrer et ses réflexions, déjà entrées dans les annales, se dégustent comme un petit Grégory. Fortes et amères. "Gamin! Reviens! C'était pour rire!" Un humour cynique et incisif bien sûr qu'il ne faut absolument pas prendre au premier degré sous peine de crise cardiaque. Grandiose!

En deux mots: Horrible et méchant, jouissif et jubilatoire, terriblement drôle, ce Poelvoorde là est un chef-d'oeuvre. A voir au moins une fois dans sa vie.





--15/20--

Astuce: Prépare un petit Grégory chez toi!
Une larme de Gin, une rivière de Tonic... Le "Petit Grégory" est constitué d'une olive, attachée à un morceau de sucre avec une ficelle. Versé dans le Gin Tonic, le sucre fond et l'olive remonte. Le "Petit Grégory" faisant surface le premier a perdu, son kidnappeur paie la prochaine tournée.

# Posté le jeudi 09 juin 2005 05:33

Modifié le lundi 19 septembre 2005 03:53

LES DIABOLIQUES - Henri-Georges Clouzot

LES DIABOLIQUES - Henri-Georges Clouzot
Film français avec Simone Signoret, Vera Clouzot, Paul Meurisse, Charles Vanel, Michel Serrault et Jean Lefebvre (1954).






























Résumé: Dans une institution destinée à l'éducation des jeunes garçons, Christina et Nicole, respectivement épouse et maîtresse du directeur Michel Delasalle, s'associent afin d'assassiner l'homme qu'ells ont fini par haïr. Mais quelques jours après leur méfait, le corps de Michel disparaît et son fantôme hante les longs corridors de l'internat...

L'un de mes films préférés et l'un de mes plus grand chocs cinématographiques! D'abord convoité par Sir Alfred, le scénario est d'un génie à laisser pantois. Lors de sa sortie en 1954, les spectateurs hurlaient lors des scènes les plus violentes et lors des retournements de situation. Rarement écriture aura été aussi parfaite, c'est tellement rare de nos jours, que ça me ferais presque regretter de ne pas avoir vécu les années 50. C'est diabolique comme ce film a cinquante ans d'avance sur le cinéma actuel! Autant dire qu'il n'a pas du tout vieilli et que son atmosphère inquiétante agit toujours encore aujourd'hui devant nos yeux émerveillés. Le suspense est à s'arracher les cheveux et la fin est à en pleurer tellement c'est bien foutu. Diabolique.
La mise en scène, toute en subtilité, accroche dès les premiers cadrages et mouvements de caméra et les images superbes, photographie noir et blanc impeccable. Les acteurs sont inoubliables, Signoret, Meurisse, Serrault, Lefebvre...
Un film très noir, très sombre, qui recèle de nombreux secrets, et cette malle qui contient le cadavre, cette malle qui arrive encore à nous faire peur. Et le bruit de la machine à écrire... diabolique! Des détails, des plans fixes silencieux, des regards effrayés, des enfants qui affirment avoir vu un fantôme... diabolique! Pessimiste, cynique, cruel, violent, le film se grave dans la mémoire pour ne plus jamais s'effacer. Les mots me manquent. Et après avoir survécu à la révélation finale, qui conserve son impact inoui, que dire de ce petit garçon qui persiste à croire en la résurrection des morts? Dit-il vrai? Clouzot nous plonge alors dans un tourbillon de questionnements, un enfer de mensonges et de tromperies qui atteignent avec ce film leur apogée la plus splendide.

En deux mots: Un Clouzot noirissime, grand classique des années 50... diabolique!




--20/20--

# Posté le jeudi 09 juin 2005 07:29

Modifié le lundi 19 septembre 2005 03:52