Réaction à chaud: MADAGASCAR - Eric Darnell/Tom McGrath

Réaction à chaud: MADAGASCAR - Eric Darnell/Tom McGrath
Dessin animé américain avec les voix de José Garcia, Anthony Kavanagh, Jean-Paul Rouve (2005).




















Résumé: Lorsqu'un lion, un zèbre, une girafe, un hippopotame et une poignée de pingouins psychotiques fuient leur zoo new-yorkais pour secourir l'un des leurs, l'aventure s'écrit avec un grand A. Et lorsque le destin les réunit sur l'île de Madagascar, ils doivent apprendre en formation accélérée les rudiments de la vie à l'air libre. -Résumé allôciné-

Dernier né des studios de papa Spielberg, Madagscar est un dessin animé qui tombe à pic pour l'été et nous fait rêver de plages désertes et ensoleillées. L'animation en trois dimension est impeccable, mais sans trouvailles visuelles majeures. Les dessins, simplifiés au détriment du réalisme, sont corrects et les couleurs, très vives, donnent à l'ensemble un aspect très cartoon.
Du point de vue du scénario, l'histoire débute sur les chapeaux de roue mais retombe un peu en son centre, car une fois les animaux arrivés sur Madagascar, le récit patauge dans la semoule. Ca n'avance pas et on a droit à des rebondissements très classiques. Le gentil lion devient méchant, tiraillé entre son amitié pour ses congénères et ses pulsions primaires de grand chasseur de la jungle.
Les situations ne sont pas très originales et Dreamworks nous avait habitué à plus drôle. Dommage, d'autant plus que les personnages sont très bien calibrés pour. Il n'en reste pas moins un bon divertissement qui ravira d'avantage les enfants que les adultes, contrairement encore à un Shrek, qui plaît à tous les publics. Dreamworks, ce n'est pas le moment de se reposer sur vos lauriers!

En deux mots: Un dessin animé agréable mais aux multiples faiblesses, qui n'atteint pas le délire visuel et narratif de Shrek 2.




--11/20--

# Posté le mardi 12 juillet 2005 07:07

Modifié le samedi 17 septembre 2005 11:57

SIGNES - M. Night Shyamalan

SIGNES - M. Night Shyamalan
Film américain avec Mel Gibson, Joaquin Phoenix, Rory Culkin (2002).





















Résumé: Graham a perdu la foi lors de la mort de sa femme. Vivant seul avec ses jeunes enfants et son frère Merryl, il découvre un matin ses champs saccagés. Un étrange signe seulement visible du ciel secoue la petite famille qui croit d'abord à un canulard. Jusqu'au moment où des centaines de ces signes apparaissent dans le monde entier, formant une carte à des envahisseurs venus de l'espace...

Shyamalan conclut avec Signes une trilogie fantastique exemplaire. Après avoir revisité le film de fantômes et celui de super héros, il remet ça avec sa vision très personnelle de La guerre des mondes, une sorte d'Independence Day intimiste, une refonte du genre mixé avec Les Oiseaux d'Alfred Hitchcock et La Nuit des Morts Vivants de Romero. Une version dont on reconnaît immédiatement la patte du cinéaste.
La réalisation laisse encore une fois le spectateur cloué sur place, tant la caméra distille les informations avec une infime parcimonie. Une mise en scène irréprochable donc, au service de grands moments de frayeurs dont seul Shyamalan a le secret. Des bruits dans l'obscurité, le mystère de l'inconnu, l'invasion qui se prépare au dehors et la famille qui s'enferme pour se protéger. Des monstres qui peuplent l'"autre côté", une formule qu'il reprendra pour le nettement moins bon Le Village. Une connaissance des mécanismes de la peur associée à une histoire qui tient en haleine jusqu'à la fin, telle est la recette miracle du réalisateur.
Le scénario tient la cadence jusqu'au dénouement, une vraie montagne russe d'émotions où l'on passe tantôt du rire aux larmes. Un humour un peu plus présent que dans ces deux précédents films, Incassable ayant été soumis à de dures critiques, jugeant l'oeuvre trop "froide". Mais l'humour ne gâche en rien le spectacle, il le renforce même, car le contraste avec les scènes plus émouvante est frappant. L'un des passages qui me donne toujours des frissons est celui où Graham raconte la naissance de ses enfants, un dialogue simple mais très efficace et qui tombe bien dans le contexte.
Mais Signes, c'est encore d'avantage. C'est une critique du pouvoir de lobotomisation de la télévision et de l'information, les images télévisuelles étant les seules preuves de ce qui se passe "au dehors", dans le monde, où on peut nous faire croire n'importe quoi. C'est un beau traîté sur la place de l'homme dans le monde: sommes-nous seuls? Telle est la question à laquelle tente de répondre le film. Devons-nous croire en Dieu? Le titre aquiert alors une double dimension: il s'agit non seulement des signes laissés par les extraterrestres mais aussi des signes laissés par Dieu, des miracles pour nous conforter dans notre foi.

En deux mots: Une leçon de cinéma, drôle, émouvant, effrayant, l'un des meilleurs Shyamalan.




--15/20--

# Posté le mardi 12 juillet 2005 10:08

Modifié le samedi 17 septembre 2005 11:56

CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE - Tim Burton

CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE - Tim Burton
Film américain avec Johnny Depp, Freddie Highmore, Helena Bonham Carter (2005).




















Résumé: Charlie est pauvre, mais l'enfant le plus chanceux du monde. Grâce au ticket d'or de Willy Wonka, le célèbre directeur de la plus grande chocolaterie du monde, il gagne une journée dans un monde magique où des pirogues flottent sur des rivières de chocolat, où des écureuils trient et décortiquent des noix, où des chewings gums réservent de mauvaises surprises, et bien d'autres choses incroyables encore. Mais ce dont Charlie ne se doute pas, c'est que cette journée ne va pas seulement changer le cours de sa vie, mais aussi celle de l'excentrique Willy Wonka...

L'univers de Roald Dahl correspond tellement bien à celui de Tim Burton que l'on se demande pourquoi cette adaptation n'a pas été réalisée plus tôt. Car ce film est un mariage absolument parfait des deux imaginaires, une fable enfantine très moraliste qui se déguste avec la douce sensation du sucre sur le bout de la langue. Charlie et la chocolaterie concentre tout ce que Burton sait faire de mieux, on le sent très à l'aise et ça paye: c'est l'un de ses meilleurs films. Après le déjà excellent Big Fish, ce long métrage restitue avec une grande fidélité le roman original et donc brille d'une histoire tout à fait prenante et originale, un coup de maître que l'on doit à l'écrivain et au réalisateur. Puis la réalisation, en tout point excellente et "Burtonienne", se regarde avec les yeux d'un enfant, s'il on accepte les quelques partis pris de Tim Burton qui font sa marque de fabrique, comme les couleurs pétantes et les extravagances du jeu des acteurs.
Car comment ne pas se laisser prendre au jeu, comment résister à la symétrie de la construction de l'histoire qui rappelle une poésie, la musique de Danny Elfman est encore et toujours excellente, peut-être même supérieure au travail surprenant mais plus classique qu'il avait fait sur Big Fish, il est l'un des compositeurs les plus doués de sa génération. Et comment ne pas être ému par le regard tristounet de Freddie Highmore, moins fulgurant que dans Neverland, mais néanmoins parfait dans le rôle de Charlie. Un futur grand je vous dit, un futur grand! Et puis la cerise sur le gâteau, c'est la composition de l'impeccable Johnny Depp, qui décidément ne déçoit pas une fois, fidèle à lui-même, on ne peut qu'être admiratif devant un travail si parfait. Il fait partie lui aussi des acteurs les plus doués en ce moment, prions pour qu'il remporte l'Oscar l'an prochain pour ce rôle mémorable.
Notons la présence de l'immense Christopher Lee qui, une fois n'est pas coutume, scie par sa prestence en hermite dentiste père de Willy. Et tout cinéphile qui se respecte n'a pas manqué le clin d'oeil à Stanley Kubrick avec 2001!

En deux mots: Tim Burton signe l'un de ses meilleurs films après l'excellent Edward, un sans faute.




--18/20--

# Posté le samedi 23 juillet 2005 05:18

Modifié le samedi 17 septembre 2005 11:56

BIG FISH - Tim Burton

BIG FISH - Tim Burton
Film américain avec Ewan McGregor, Albert Finney, Billy Crudup, Marion Cotillard, Helena Bonham Carter, Danny de Vito, Steve Buscemi et Jessica Lange (2004).

















Résumé: L'histoire à la fois drôle et poignante d'Edward Bloom, un père débordant d'imagination, et de son fils William. Ce dernier retourne au domicile familial après l'avoir quitté longtemps auparavant, pour être au chevet de son père, atteint d'un cancer. Il souhaite mieux le connaître et découvrir ses secrets avant qu'il ne soit trop tard. L'aventure débutera lorsque William tentera de discerner le vrai du faux dans les propos de son père mourant. -Résumé Allôciné-

Il est de ces films que l'on n'oublie pas. Il est de ces films à l'ambiance unique qui prend possession de nous dès les premières images. Big Fish fait partie de ces films. Tim Burton nous plonge dans une histoire à mi chemin entre rêves et réalité, où les deux s'entremêlent sans se délier, où il est presque impossible de faire la part des choses. D'un côté on a un père qui refuse de vivre dans la réalité, un père qui raconte des histoires à son fils avant de le coucher, des histoires effrayantes et magiques le mettant en scène. L'enfant y croit, comme tous les enfants. Et de l'autre côté on a un fils qui a grandi et qui en veut à son père de lui avoir raconté tout ces mensonges stupides. Mais pour le père il ne s'agit pas de mensonges. Pour ce père fabuleux, c'est la réalité.
Le film raconte donc la vie du père, Edward Bloom, de son enfance à sa mort, en faisant des va-et-viens entre le présent, réel, et les flash-backs (imaginaires?) d'Edward. Chaque histoire est merveilleuse, se déroule dans des lieux étranges (comme la ville de Spectre) où évoluent des personnages hauts en couleur (comme Karl le géant, ou la sorcière à l'oeil de verre qui dit comment on va mourrir). Le film vacille donc habilement entre des séquences on ne peut plus "burtonniennes" et des passages plus classiques. Un exercice que le cinéaste accomplit à la perfection. La mise en scène est comme d'habitude impeccable.
La musique très thématique de Danny Elfman est encore une fois superbe. Le jeu d'Ewan McGregor est parfait, il remplace un Johnny Depp plus charismatique, mais son visage aux traits plus doux correspond mieux au film. Marion Cotillard est très belle ainsi que Jessica Lange. Bon point à la gueule de Steve Buscemi et à l'excentricité de Danny De Vito. Le point négatif réside cependant dans le manque d'alchimie entre Albert Finney et Billy Crudup, le couple sur lequel réside pourtant le film. Une relation père et fils très distante qui se ressent jusque dans l'interprétation des acteurs. Dommage.
Je me souviendrais toujours le mercredi après-midi où je suis allé le voir seul à Strasbourg le jour de sa sortie, incapable de résister à la tentation de découvrir le nouveau Burton. Je pensais aller voir un film moyen, j'en suis ressorti complètement troublé et retourné, habité d'une sensation de mélancolie et de tristesse. Car ce film parle de la relation tragique entre un père et son fils qui n'a pas compris la philosophie de vie de son père. Pour échapper à la monotonie de l'existence, rien de mieux que de s'imaginer vivre des choses extraordinaires, quoi de mal à ça? Le film est une invitation au rêve et à la culture de l'imagination, il nous demande de raconter des histoires aux enfants, il nous demande de profiter de la vie, tout simplement.
Aussi, les dernières minutes du film son insupportables, elles arrachent vraiment le coeur, l'émotion est à fleur de peau. Et lorsque le poisson fait son dernier saut hors de l'eau dans une emphase de musique, les frissons nous parcourent et on se dit que l'on vient de vivre l'une des plus grande leçon de vie et de cinéma que l'on a jamais vécu.

En deux mots: Emouvant et magique, métaphorique et inventif, Big Fish est une expérience, un chef-d'oeuvre.




--17,5/20--

# Posté le lundi 25 juillet 2005 07:42

Modifié le samedi 17 septembre 2005 11:55

HAIR - Milos Forman

HAIR - Milos Forman
Comédie musicale américaine avec John Savage, Treat Williams, Beverly d'Angelo (1979?).

























Résumé: Claude Bukowski, jeune fermier de l'Oklahoma, désire visiter New York avant de partir pour le Vietnam. A Central Park, il se lie d'amitié avec un groupe de hippies. Cette rencontre va bouleverser sa vie. -Résumé Allôciné-

Milos Forman est un mauvais réalisateur. Il nous le prouve une fois de plus avec cette comédie musicale lourde et inégale. Divisé en cinq parties, il raconte les déboires d'un groupe de hippies que le flot de chanson gâche un peu. Ainsi, même si John Savage est charismatique à souhait, il est très difficile de s'attacher aux personnages. L'histoire reste très éloignée et nous touche à peine. C'est comme regarder un téléfilm très plat qui aurait mal vieilli. Car regarder Hair aujourd'hui prête à sourire tant la culture ne correspond plus à la jeunesse d'aujourd'hui. On atteint même parfois des sommets de ridicule.
Ne parlons même pas de la mise en scène. J'ai regardé récemment Amadeus, qui ne m'a pas vraiment convaincu non plus au niveau de la mise en scènes et des costumes. Si bien que je redoute à regarder Vol au-dessus d'un nid de coucou... Bref, c'est très peu inspiré, bâclé parfois, quelques séquences sauvent tout juste la mise mais rien de vraiment extraordinaire. Quant aux chansons, outre le fait d'en avoir trop tout au long de la bande, ne constituent même pas un personnage à part dans le film tant elles ne marquent pas, à part peut-être une, je crois celle qui s'appelle "Hair" d'ailleurs.
Bon, le message est clair, les cheveux, c'est la liberté, ce qui fait sa personnalité individuelle, patati patata. Mais le film est difficile à suivre et la fin, au message pacifiste et anti-militaire clair est trop rapidement expédiée.

En deux mots: Film culte? Mouais, plutôt vieux film qui a fait son temps. Le cinéma de Milos Forman n'est décidément pas pour moi. Deux heures ennuyantes.




--08/20--

# Posté le lundi 25 juillet 2005 10:59

Modifié le samedi 17 septembre 2005 11:54