CHAOS - CONFUSION - SAVON
Résumé: Jack s'ennuie. Et il est insomniaque avec ça. Pour s'évader de son quotidien monotone, il s'inscrit dans des clubs où il rencontre de nombreuses personnes malades. Le fait de fréquenter ces clubs le soulage. Très vite, il rencontre Tyler Durden à bord d'un avion, un vendeur de savon anarchiste. A deux, ils décident de monter un club de combat clandestin dans lequel des hommes pourraient se défouler...
Regarder Fight Club revient à découvrir une nouvelle forme de cinéma. C'est les yeux écarquillés que l'on fait la connaissance de Jack, incarné à la perfection par Edward Norton, acteur culte de toute une génération de spectateurs, et de Tyler Durden, personnage emblématique qui semble détenir le secret d'une vie réussie. Tyler a les traits de Brad Pitt, sans doute l'un de ses meilleurs rôles. Fight Club captive dès les premiers instants pour ne pas relâcher la tension une seule fois durant plus de deux heures.
Le premier point fort de ce film est la mise en scène. David Fincher exploite les nouvelles technologies pour contraindre sa caméra à des mouvements improbables, offrant une série d'angles de vue inédite et son lot de scènes visuellement époustouflantes: l'explosion de l'appartement de Jack toute en images de synthèse, le générique de début où l'on voyage dans le corps de Jack, etc... En bref c'est du tout bon, d'autant plus que la photographie de Jeff Cronenweth est très belle.
Le second point fort du film est le scénario, très bien adapté du roman éponyme de Chuck Palahniuk. Il ne souffre d'aucun défaut majeur et chaque ligne de dialogue trouve à un moment ou à un autre son utilité. C'est un scénario extrêmement touffu, aux multiples tiroirs et aux personnages hauts en couleur. Si bien que plusieurs visionnages sont nécessaires pour en tirer vraiment quelque chose. Un second visionnage au moins, tant la fin est surprenante et remet en cause la stabilité de tout l'ensemble. Cependant la fin n'est pas incohérente et tout s'imbrique à la perfection. De quoi ravir les spectateurs les plus méticuleux!
Loin d'être moralisateur, Fight Club propose néanmoins une réflexion très profonde sur notre société de consommation et sur notre place dans cette société. Un constat assez amer, mais une confrontation brutale qui vaut le détour. D'autres critiqueront la violence, parfaitement justifiée et servant un propos on ne peut plus pertinent. Bon point à Helena Bonham Carter, dans son meilleur role, et à l'humour toujours bien présent. La musique est elle aussi dorénavant culte, a-t-on besoin de dire qu'il s'agit de celle des Chemicals Brothers, anciennement Dust Brothers...
En deux mots: Oeuvre cultissime et marginale, coup de poing féroce en pleine gueule, FIGHT CLUB sent bon l'unique, du sang sur l'asphalte, un chef-d'oeuvre où chaque visionnage révèle de nouveaux secrets. Intelligent, violent, drôle, magistralement interprété par le génial Edward Norton, FIGHT CLUB ne se regarde pas, il se vit... et ça fait très mal!
--17/20--
Petit jeu de piste: Savez-vous pour quelle marque de voiture travaille Jack? Un indice dans le film permet d'en faire la supposition...




