Résumé: Christian vient à Paris vivre une vie de bohème et écrire un roman sur la beauté, la vérité et surtout sur l'amour. Il rencontre par hasard une troupe de théâtre qui tente de monter leur projet le plus ambitieux, Spectaculaire Spectaculaire. Christian doit alors convaincre Arold Zidler, le dirigeant du Moulin Rouge, par l'intermédiaire de Satine, la plus jolie prostituée des lieux. Christian tombe alors irrémédiablement amoureux de la belle...
Moulin Rouge! est une expérience assez unique en son genre qui ne demande qu'à être vécue. Comédie musicale anachronique, le film se regarde en apnée, une plongée tourbillonnante dans les bas-fonds parisiens dont on ressort soufflé, où la bourgeoisie côtoie la vie de bohème. Lhurman est un fou du travail, il fait preuve ici d'une rigueur dans la recherche de la mise en image qui laisse pantoi. Le montage de certaines scènes comme celle du French Can Can est sans aucun doute le résultat d'un boulot de fou furieux. Et le résultat est surprenant, le rythme parfois très soutenu. Plusieurs années d'écriture et une réelle volonté de proposer au public quelque chose qu'il n'a jamais vu donne ce chef-d'oeuvre, pièce maîtresse de sa "Trilogie du Rideau Rouge" dont il constitue l'ultime volet après Balroom Dancing et Roméo+Juliette.
L'histoire d'amour qu'il nous conte a beau être plutôt classique et très fleur bleue, même kitsch par moment, le cinéaste ne reculant devant aucun cliché, son traitement tout en paillettes a de quoi satisfaire les plus exigeants tant il décolle littéralement la rétine. Et c'est avec une joie immense que l'on assiste à un spectacle grandiose, rythmé par les plus grands tubes du moment (on va même jusqu'au trip big beat électro de Fatboy Slim!) associés à une déferlante d'images, plans courts, inserts et effets spéciaux à gogo (feux d'artifices, lune chanteuse et Tour Eiffel scintillante. Le but était de ressentir l'excitation des gens de l'époque à aller au Moulin Rouge, à l'origine cabaret et bordel frou frou. Exit donc les musiques anciennes et bonjour remixes qui font passer le Moulin pour l'une des meilleures discothèques actuelles. Un choix d'autant plus judicieux que le mélange fonctionne à merveille. Les scènes de chant et de danse sont parfois d'une intensité rarement vue au cinéma. Le film est lancé à plein régime dès les premières secondes et ne faiblit pas.
Il ne perd rien en intérêt parce que le scénario est des plus inventifs, bien que la toile de fond soit classique. Mais quoi de plus difficile que de renouveler le genre? Exercice très difficile que Baz réussit avec mention. Sans pour autant être le créateur d'un nouveau mouvement, il greffe autour de l'histoire d'amour un tas d'enjeux secondaires. Et ce n'est pas tout. L'un des points forts du film ne se remarque que lorsque l'on regarde le film en version originale: les paroles des chansons sont comme fondues dans les dialogues (cf le dialogue entre Arold et le Duke juste avant Like a Virgin). Impeccablement écrit. Et impeccablement réalisé, la caméra virevolte pour de nombreux plans aussi invraissemblables que spectaculaires. J'ajouterais encore que le choix des chansons n'est pas anodin, ce qui approfondit encore l'oeuvre.
Les costumes et les décors sont splendides, mais peuvent dérouter car on pourrait penser que le cinéaste en fait de trop, trop de tout. Or je pense au contraire que ce tout sert l'ambiance générale du film, c'est la patte de Baz, sa touche personnelle et ne le lui enlevont pas. Les deux acteurs principaux ont des jeux sans une bavure. Mc Grégor est charmant à souhait et Kidman d'une beauté sans égale dans sa filmographie. Deux figures chanteuses du cinéma pour une histoire où l'émotion est au rendez-vous. Il rattrape ainsi les plus grands drames amoureux de l'histoire, surpassant même celui de James Cameron.
En deux mots: Une bande originale tonitruante pour l'une des plus belles histoire d'amour au cinéma et un film qui tourbillonne encore longtemps dans la tête après la projection. Hypnotique.
--17/20--



