MOULIN ROUGE! - Baz Lhurman

MOULIN ROUGE! - Baz Lhurman
Film américain avec Nicole Kidman, Ewan McGregor, John Leguizamo (2001).






















Résumé: Christian vient à Paris vivre une vie de bohème et écrire un roman sur la beauté, la vérité et surtout sur l'amour. Il rencontre par hasard une troupe de théâtre qui tente de monter leur projet le plus ambitieux, Spectaculaire Spectaculaire. Christian doit alors convaincre Arold Zidler, le dirigeant du Moulin Rouge, par l'intermédiaire de Satine, la plus jolie prostituée des lieux. Christian tombe alors irrémédiablement amoureux de la belle...

Moulin Rouge! est une expérience assez unique en son genre qui ne demande qu'à être vécue. Comédie musicale anachronique, le film se regarde en apnée, une plongée tourbillonnante dans les bas-fonds parisiens dont on ressort soufflé, où la bourgeoisie côtoie la vie de bohème. Lhurman est un fou du travail, il fait preuve ici d'une rigueur dans la recherche de la mise en image qui laisse pantoi. Le montage de certaines scènes comme celle du French Can Can est sans aucun doute le résultat d'un boulot de fou furieux. Et le résultat est surprenant, le rythme parfois très soutenu. Plusieurs années d'écriture et une réelle volonté de proposer au public quelque chose qu'il n'a jamais vu donne ce chef-d'oeuvre, pièce maîtresse de sa "Trilogie du Rideau Rouge" dont il constitue l'ultime volet après Balroom Dancing et Roméo+Juliette.
L'histoire d'amour qu'il nous conte a beau être plutôt classique et très fleur bleue, même kitsch par moment, le cinéaste ne reculant devant aucun cliché, son traitement tout en paillettes a de quoi satisfaire les plus exigeants tant il décolle littéralement la rétine. Et c'est avec une joie immense que l'on assiste à un spectacle grandiose, rythmé par les plus grands tubes du moment (on va même jusqu'au trip big beat électro de Fatboy Slim!) associés à une déferlante d'images, plans courts, inserts et effets spéciaux à gogo (feux d'artifices, lune chanteuse et Tour Eiffel scintillante. Le but était de ressentir l'excitation des gens de l'époque à aller au Moulin Rouge, à l'origine cabaret et bordel frou frou. Exit donc les musiques anciennes et bonjour remixes qui font passer le Moulin pour l'une des meilleures discothèques actuelles. Un choix d'autant plus judicieux que le mélange fonctionne à merveille. Les scènes de chant et de danse sont parfois d'une intensité rarement vue au cinéma. Le film est lancé à plein régime dès les premières secondes et ne faiblit pas.
Il ne perd rien en intérêt parce que le scénario est des plus inventifs, bien que la toile de fond soit classique. Mais quoi de plus difficile que de renouveler le genre? Exercice très difficile que Baz réussit avec mention. Sans pour autant être le créateur d'un nouveau mouvement, il greffe autour de l'histoire d'amour un tas d'enjeux secondaires. Et ce n'est pas tout. L'un des points forts du film ne se remarque que lorsque l'on regarde le film en version originale: les paroles des chansons sont comme fondues dans les dialogues (cf le dialogue entre Arold et le Duke juste avant Like a Virgin). Impeccablement écrit. Et impeccablement réalisé, la caméra virevolte pour de nombreux plans aussi invraissemblables que spectaculaires. J'ajouterais encore que le choix des chansons n'est pas anodin, ce qui approfondit encore l'oeuvre.
Les costumes et les décors sont splendides, mais peuvent dérouter car on pourrait penser que le cinéaste en fait de trop, trop de tout. Or je pense au contraire que ce tout sert l'ambiance générale du film, c'est la patte de Baz, sa touche personnelle et ne le lui enlevont pas. Les deux acteurs principaux ont des jeux sans une bavure. Mc Grégor est charmant à souhait et Kidman d'une beauté sans égale dans sa filmographie. Deux figures chanteuses du cinéma pour une histoire où l'émotion est au rendez-vous. Il rattrape ainsi les plus grands drames amoureux de l'histoire, surpassant même celui de James Cameron.

En deux mots: Une bande originale tonitruante pour l'une des plus belles histoire d'amour au cinéma et un film qui tourbillonne encore longtemps dans la tête après la projection. Hypnotique.




--17/20--

# Posté le lundi 15 août 2005 12:47

Modifié le samedi 17 septembre 2005 11:50

BOF

BOF
REQUIEM FOR A DREAM
Ma BOF préférée, tous les films confondus et sans doute l'une des meilleure. Clint Mansell, compositeur attitré de Darren Aronofsky depuis Pi fait appel au Kronos Quartet, quatuor à cordes californien (entendu aux côtés de John Zorn) pour des musiques moins électro limite drum'n bass du précédent film. Paranoiaque et torturée, la bande dégage une réelle atmosphère. Lux aeterna, obsessionnel thème principal, est un coup de génie. Tout à fait incontournable!

LE FABULEUX DESTIN D'AMELIE POULAIN
Ma deuxième BOF préférée. La musique de Yann Tiersen est comme le film, belle, légère et fabuleuse. L'album est une sorte de best-of car la majorité des titres sont issus de ses albums précédents. Les valses sont omniprésentes, surtout La valse d'Amélie, disponible en trois versions, toutes magnifiques. A écouter d'urgence!

GLADIATOR
Dans mon trio de tête des BOF, celle-ci arrive en troisième position. Il s'agit à mon avis du chef-d'oeuvre de Hans Zimmer, l'un des plus grands compositeurs de musique de films actuels, surtout connu pour la musique du Roi Lion de Walt Disney. L'album est d'une beauté ahurissante, aux titres tantôt violents (The Battle par exemple) tantôt plus doux (Elysium, le meilleur morceau) avec la voix aérienne de Lisa Gerrard, la chanteuse du groupe Dead can dance. Ma-gni-fique.

PULP FICTION
Que de morceaux cultes! D'abord Misirlou de Dick Dale et His Del-Tones, tellement connue maintenant et maintes fois reprises (Taxi, par exemple) que tout le monde la connait comme "la musique de Pulp Fiction". De nombreux morceaux entraînants, comme le célèbre twist You never can tell de Chuck Berry ou Son of a preacher man de Dusty Springfield. Mais ma chanson préférée est sans hésitation Girl, you'll be a woman soon de Urge Overkill. A connaître impérativement!

BIG FISH
Danny Elfman constitue avec Hans Zimmer le meilleur duo actuel de compositeurs. Sa musique possède un style très particulier unique, qui colle à merveille à l'univers loufoque de Tim Burton, cinéaste dont il est le compositeur attitré. Issu du rock (il a été le composeur et le chanteur de son groupe Oingo Bongo jusqu'en 1995), il a très bien réussi dans son domaine, surtout avec des thèmes d'ouverture grandioses (Spiderman, Batman, c'est lui!) et des envollées musicales magistrales. Bien que la BOF de Big Fish soit plus classique dans l'ensemble, elle ne reste pas moins un chef-d'oeuvre d'émotion.

# Posté le mardi 16 août 2005 11:24

THE HOURS (LES HEURES) - Stephen Daldry

THE HOURS (LES HEURES) - Stephen Daldry
Film américain avec Nicole Kidman, Meryl Streep, Julianne Moore, Ed Harris, Claire Danes, Toni Collette et John C. Reilly (2003).



















Résumé: Au début des années vingt, dans la banlieue de Londres, Virginia Woolf entame l'écriture de son chef-d'oeuvre, Mrs Dalloway et lutte contre la folie. Dans les années quarante, à Los Angeles, Laura Brown lit ce livre qui changera à jamais le cours de sa vie. De nos jours, à New York, Clarrissa Vaughn est une version moderne du personnage créé par Virginia Woolf. Quel est le lien qui unit ces trois femmes?

Adapté du roman de Michael Cunningham, prix Pen Faulkner et Pulitzer, chef-d'oeuvre de la littérature contemporaine, le film du britannique Stephen Daldry est une réussite incontestable. Après le très bon et pas si famillial que ça Billy Elliot où il s'est attaqué à la découverte de la vie, il met ici les bouchées doubles pour une crise existencielle difficile et émouvante. Difficile car quasiment tout le long métrage repose sur la psychologie des personnages et donc le jeu des actrices. Trois actrices au sommet de leur art, dominés par une Nicole Kidman en Virginia Woolf époustouflante, je ne sais pas si c'est son meilleur rôle, en tout cas l'un des meilleur, pour lequel elle a enfin reçu l'Oscar de la Meilleure Actrice. On redécouvre Meryl Streep et Julianne Moore, tout aussi extraordinaires. Excepté ces trois femmes du cinéma, le film nous réserve tout une pléiade de seconds rôles parfaits, à commencer par Ed Harris en écrivain vieillissant et séropositif, puis Toni Collette émouvante ou encore John C Reilly en mari naif.
Des performances qui n'éclipsent pas une mise en scène somptueuse à la photographie magnifique. Sans oublier la composition musicale de Philip Glass qui sert à merveille trois histoires intimement imbriquées. En cela la scène d'introduction relève quasiment du génie, où l'on nous présente alternativement les trois personnages au petit matin et éxécutant quasiment les mêmes gestes, ce qui était déjà l'une des réussite du livre de Cunningham. Et pour l'avoir lu, je peux dire que l'adaptation est tout à fait fidèle, parfois au dialogue près. Daldry avait déjà une bonne base pour faire son film, un bouquin merveilleusement bien écrit, où chaque phrase résonne dans la tête, où chaque mot a quelque chose d'éternel.
Le film (ainsi que le livre) rend non seulement hommage à la vie et l'oeuvre d'une écrivain très célèbre qui a laisser derrière elle une oeuvre très complexe (j'ai essayé de lire Mrs Dalloway et j'avoue que je n'ai pas réussi à le finir tant le récit et le style surtout sont difficiles), mais aussi à tout un art, celui de l'écriture. Le personnage de Richard incarne à lui seul tous les écrivains, c'est un artiste, un visionnaire, qui voit des choses que personne ne voit, qui sent des choses que personne ne sent. Il a voulu écrire le monde, rendre compte du monde, mais c'est un échec. Le film nous livre également une formidable leçon de vie, il nous dit de faire face aux difficultés sans les craindre et surtout, surtout, de profiter de chaque instant, même les plus anodins.

(Richard et Clarissa)
Richard: -Raconte-moi une histoire tu veux bien?
Clarissa: -Quel genre d'histoire?
-Un morceau de ta journée. D'aujourd'hui. Même si c'est très banal. Ce serait encore mieux en fait. Le truc le plus banal auquel tu puisses penser.
-Richard...
-N'importe quoi. Absolument n'importe quoi.
-Bon, ce matin, avant de venir ici, je suis allées acheter des fleurs pour la réception.
-Ah oui?
-Oui. C'était une belle matinée.
-Vraiment?
-Oui. Une matinée exquise... si fraîche. J'ai acheté des fleurs, je les ai rapportées à la maison et mises dans l'eau. Voilà. Fin de l'histoire.
- Toute fraîche, un cadeau pour des enfants sur la plage.

En deux mots: Trois actrices au sommet pour une oeuvre complexe mais touchante. A voir et à lire!




--15,5/20--

# Posté le mercredi 17 août 2005 04:41

Modifié le samedi 17 septembre 2005 11:49

BILLY ELLIOT - Stephen Daldry

BILLY ELLIOT - Stephen Daldry
Film britannique avec Jamie Bell, Gary Lewis (2000).

























Résumé: Dans un petit village minier du Nord-Est de l'Angleterre, Billy, onze ans, découvre avec stupeur qu'un cours de danse partage désormais les mêmes locaux que son club de boxe. D'abord effaré, il devient peu à peu fasciné par la magie de la gestuelle du ballet, activité pourtant trop peu virile au regard de son père et de son frère Tony, mineurs en grève. -Réusmé Allôciné-

Malgré tout ce que j'ai pu dire sur le cinéma britannique, je dois avouer qu'il m'a réservé quelques bonnes surprises, que ce soit 28 jours plus tard de l'ami Boyle ou Billy Elliot, dont c'est le premier film du réalisateur. Premier film et quasi coup de maître. S'il y a une caractéristique de ce cinéma par rapport à son homologue américain, c'est sa façon subtile de mêler des sujets délicats à une approche plus familiale et "grand public". Une façon d'aborder l'histoire qui rappelle un peu The Full Monty, plus dramatique que comédie dramatique.
Donc malgré quelques clichés (légers) et une impression par moment d'avoir déjà vu certaines scènes, ce long métrage se différencie nettement de tout ce que l'on a pu voir. Parce qu'il dépeint à merveille une société anglaise des années quatre vingt en crise, parce qu'il ose aborder des sujets comme l'homosexualité précoce de tout jeunes adolescents, parce qu'il met en oeuvre un traitement original de la musique, la bande originale étant plus que splendide. Ce sont des détails, des subtilités, qui font la différence.
Le jeune Jamie Bell, danseur professionnel depuis son plus jeune âge, faisant partie de cette veine des jeunes artistes acteurs danseurs musiciens qui savent tout faire (dont Christian Bale fait partie par exemple), est troublant de naturel et extraordinaire danseur. A voir pour tout ça à la fois!

En deux mots: une touchante histoire racontée à hauteur d'un enfant qui se découvre.




--14/20--

# Posté le dimanche 21 août 2005 05:29

Modifié le samedi 17 septembre 2005 11:48

:::::::::: GRAND VOTE ::::::::::

:::::::::: GRAND VOTE ::::::::::
IL NE VOUS RESTE ENCORE QUE QUELQUES JOURS POUR VOTER!!!



Cinéphile?
Amateur d'épouvante?


Alors vote pour le meilleur film d'horreur, le plus terrifiant, toutes époques et origines confondues. Mais attention, il ne s'agit en aucun cas d'un classement non justifié, mais de dégager un seul film au dessus des autres de manière pertinente. Pour participer, il faut procéder comme cela:

-Choisis un, deux ou trois films qui t'ont terrifié au point d'en faire des cauchemars pendant plusieurs jours, de dormir la lumière allumée pendant des semaines.
-Justifie ton choix en évoquant la mise en scène, les acteurs, les effets spéciaux, le maquillage, l'émotion ressentie, l'expérience, etc...
-Envoie un mail contenant toutes ces informations à l'adresse suivante:


amblin7@skymail.fr


Les votes seront clos à la date du 15 octobre 2005. Les résultats seront ensuite publiés dans une série d'articles comprenant de nombreuses photos du film, une critique très approfondie de l'oeuvre ainsi que certaines des justifications que tu auras évoquées.


A VOS MAILS!


Tom

# Posté le lundi 22 août 2005 11:31

Modifié le jeudi 06 octobre 2005 06:39