Réaction à chaud: COLLISION - Paul Haggis

Réaction à chaud: COLLISION -  Paul Haggis
Film américain avec Sandra Bullock, Don Cheadle, Matt Dillon, Jennifer Esposito, Brendan Fraser, Jason Isaacs, Ryan Philippe (2005).



















Résumé: Deux voleurs de voitures. Un serrurier mexicain. Deux inspecteurs de police qui sont aussi amants. Une femme au foyer et son mari, district attorney. Tous vivent à Los Angeles. Eux et beaucoup d'autres ne se connaissent pas, leurs vies n'auraient jamais dû se croiser. Pourtant, dans les prochaines 36 heures, leurs destins vont se rencontrer, révélant ce que chacun voulait cacher ou ne pas voir... -Résumé Allôciné-

Collision est une vraie surprise. Poussé par de nombreuses critiques positives et le Grand Prix du Festival de Deauville, je me décide à aller le voir. Inutile de préciser que je n'ai pas du tout été déçu par ce très beau film dont on ressort un peu bouleversé.
Le scénario serpente habillement entre plusieurs personnages sans perdre le spectateur. De multiples indices permettent en effet de se repérer dans ce dédale d'événements et d'émotions. La mise en scène en est pour beaucoup dans cette réussite, ou comment une tasse de café indique subtilement un saut dans le temps par exemple. C'est méticuleux et très soigné. Les acteurs sont tous convainquants, même Sandra Bullock pourtant pas très bonne actrice.
La force de Collision réside dans le fait que aucun parti n'est pris, il n'est pas du tout moralisateur, le cinéaste ne verse pas dans le pathos, ce n'est pas un vulgaire mélodrame. Pourtant il aurait pu facilement tomber dans ce piège là. Ce film se démarque donc de la plupart des autres productions ricaines qui creusent un thème identique. Outre le fait d'aborder l'insécurité de manière pertinente, elle offre une vision particulièrement étonnante du racisme, ou comment montrer que le monde ne se divise pas en deux groupes, noir OU blanc, mais qu'il est tout gris, certes avec des nuances, mais il est gris. Ainsi tous les personnages de l'histoire ne sont pas soit racistes soit non racistes. Ils ne sont ni l'un ni l'autre et c'est ça toute la complexité de l'âme humaine.
Ainsi le jeune flic gentillet sera amené à tuer un noir, l'autre flic perçu d'abord comme raciste accomplira un acte héroique, un homme persécuté deviendra persécuteur, une femme sévère avec sa femme de ménage étrangère lui avouera finalement qu'elle est sa meilleure amie. Toute la subtilité réside dans cette dualité. C'est un long métrage particulièrement intelligent et écrit comme un roman. Je ferais juste une interprétation différente que celle qui est faite au début du film, ou plutôt, je la complèterais: les hommes ne se comprennent pas, ils vivent sur la même planète mais à cause de leurs différences (même au sein d'une même communauté ethnique) ils ne se comprennent pas, à en juger les nombreux quiproquos qui jonchent le film. Et c'est parce qu'ils ne se comprennent pas qu'ils se rentrent dedans.
Tiens, il neige, c'est sûr, ils sont vivants sur Terre. Superbe.

En deux mots: Une récompense à Deauville amplement méritée et je l'espère des nominations aux Oscars pour l'un des meilleurs films de l'année.




--18/20--

# Posté le mercredi 21 septembre 2005 04:22

Salles Obscures

Petit étalage des cinémas que je fréquente, c'est gratuit! Merci qui?






LE PARIS - Forbach
Le cinéma de ma ville natale, le premier que j'ai connu et salles obscures des premières émotions fortes.

Qualité de l'accueil: Situé en plein centre ville. Personnel aimable, un petit hall où l'on peut acheter glaces et popcorn.
******

Diversité de la programmation: Six choix possibles, essentiellement les plus grosses productions. Propose des soirées "Ciné-Regard" où l'on peut y découvrir de petits films d'auteur, un bon point! Peu de film en V.O.
******

Qualité de l'image et du son: Excellente pour la salle rénovée, digne des plus grands complexes. Les autres salles offrent surtout un son médiocre.
******

Confort: Excellent pour la salle rénovée, on a de la place pour déplier complètement ses jambes. Les autres salles possèdent de petits sièges serrés et très inconfortables.
******

Appréciation générale: Un vieux cinéma qui a encore de beaux jours devant lui, il reste agréable si l'on ne veut pas être noyé sous la foule. Assez cher pour une qualité d'ensemble juste moyenne.
Note Globale: ******




LE FORUM - Sarreguemines
Un cinéma que j'ai redécouvert!

Qualité de l'accueil: Situé en plein centre ville. Personnel correct. Hall de taille moyenne en rénovation actuellement.
******

Diversité de la programmation: Huit salles pour un choix tout à fait correct, de la grosse production au film moins distribué. Pas de film en V.O.
******

Qualité de l'image et du son: Très bonne! Pas de salle équipées THX ni DTS.
******

Confort: Des sièges très confortables et de l'espace dans toutes les salles! Du bon boulot! L'accès aux salles est aisé, c'est classieux on a vraiment l'impression d'être dans un cinéma.
******

Appréciation générale: Un cinéma maintenant tout neuf et très agréable, bien situé. Le prix reste celui des grands complexes, 5,20 euros pour les étudiants.
Note Globale: ******




CGR - Freyming Merlebach

Qualité de l'accueil: Très mauvais. On croirait entrer dans un fast-food. Ambiance jeune très bruyante dans le hall. Personnel sans plus et décoration multicolore à chier.
******

Diversité de la programmation: Dix salles pour un choix correct, mais essentiellement des grosses distributions. Aucun film en V.O.
******

Qualité de l'image et du son: Qualité normale pour l'image mais son médiocre, souvent pas assez élevé. La conception des salles a été bâclée. Un dolby inférieur à la moyenne.
******

Confort: Sièges corrects mais pas assez espacés. L'accès aux salles est très mauvais, la disposition de ces dernières (en cercle) est mal vue. Mal isolé, lorsqu'il pleut on entend les gouttes de pluie (!), il fait très chaud ou très froid selon la température extérieure.
******

Appréciation générale: Un cinéma très décevant qui se veut complexe cinématographique. Un hangard où l'on peut aller voir des films. Prix normaux. Publicités excessives!
Note Globale: ******




KINEPOLIS - Saint Julien les Metz

Qualité de l'accueil: Situé à l'extérieur de la ville de Metz, accès routier aisé. Personnel très agréable. Très grand hall (assez bruyant les jours de grande fréquentation) avec boutique cinéma (très bon point), glaciers, sucreries, bar et pizzeria.
******

Diversité de la programmation: Quinze salles, quinze films. Choix tout à fait suffisant pour les cinéphiles! Quelques animations et soirées spéciales dans l'an. Peu ou pas de V.O.
******

Qualité de l'image et du son: Impeccable! Des écrans gigantesques pour une image ahurissante et un son parfait! Des salles certifiées THX!!!
******

Confort: Très larges couloirs pour l'accès aux salles. Un confort incomparable, sièges avec des anneaux pour les gobelets très espacés. Des salles très bien conçues et classieuses.
******

Appréciation générale: Un excellent cinéma grand luxe pour des spectacles incomparables.
Note Globale: ******




STAR - Strasbourg
Très rare cinéma d'auteur et expérimental!

Qualité de l'accueil: Situé en plein centre ville de Strasbourg. Hall d'entrée minuscule et typique.
******

Diversité de la programmation: Des films indépendants, des petits budgets, des raretés, parfois même de l'expérimental. Très souvent en V.O.!
******

Qualité de l'image et du son: Assez mauvais, mais juste ce qu'il faut pour profiter du spectacle. Pas de dolby et de petits écrans.
******

Confort: Bon, c'est assez ancien. Ce n'est donc pas très confortable mais c'est supportable!
******

Appréciation générale: Ce cinéma là a la mérite d'exister. Espérons qu'il survive encore quelques années. Y aller simplement pour choper des films qui ne passent pas dans les grands multiplexes.
Note Globale: ******




UGC CINE CITE STRASBOURG ETOILE - Strasbourg
Le meilleur pour la fin: mon cinéma préféré!

Qualité de l'accueil: Un peu excentré par rapport au centre ville mais facile d'accès, pied, bus, tram. Grand hall agréable avec bar et restaurant, guichet bancaire, boutique de sucreries et boissons. Personnel très souriant et agréable.
******

Diversité de la programmation: Vingt-deux salles pour plus d'une vingtaine de films différents! Grosses productions et productions indépendantes, cinéma d'auteur. Le point fort est de souvent avoir le choix entre la V.F et la V.O! Impeccable. De très nombreuses manifestations, débats, rencontres avec l'équipe du film, avant-premières prestigieuses, de quoi passer des soirées inoubliables!
******

Qualité de l'image et du son: Quelle que soit la salle, un son fluide et une image parfaite, sans pour autant être certifié THX ou DTS. Les grandes salles possèdent un son très puissant, parfois les basses font trembler les sièges!
******

Confort: L'accès aux salles est simple, grand escalator. Confort des sièges inégalable, espace suffisant, très propre. Salles très bien dessinées.
******

Appréciation générale: le meilleur cinéma que je connaisse, qui ne m'a jamais déçu!
Note Globale: ******




De véritables temples érigés à la gloire du cinéma et parfois des chef-d'oeuvres d'architecture.
Salles Obscures

# Posté le mercredi 21 septembre 2005 05:40

Modifié le mercredi 21 septembre 2005 09:11

MATRIX RELOADED - Wachowski Brothers

MATRIX RELOADED - Wachowski Brothers
Film américain avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Hugo Weaving, Lambert Wilson, Monica Bellucci (2003).



















Résumé: Neo apprend à mieux contrôler ses dons naturels, alors même que Sion s'apprête à tomber sous l'assaut de l'Armée des Machines. D'ici quelques heures, 250 000 Sentinelles programmées pour anéantir notre espèce envahiront la dernière enclave humaine de la Terre. Mais Morpheus galvanise les citoyens de Sion en leur rappelant la Parole de l'Oracle : il est encore temps pour l'Elu d'arrêter la guerre contre les Machines. Tous les espoirs se reportent dès lors sur Neo. Au long de sa périlleuse plongée au sein de la Matrice et de sa propre destinée, ce dernier sera confronté à une résistance croissante, une vérité encore plus aveuglante, un choix encore plus douloureux que tout ce qu'il avait jamais imaginé. -Résumé Allôciné-

Après le coup de maître des frères Wachowski sur le volet initial de la trilogie de science-fiction la plus excitante de l'histoire du cinéma, ils se devaient de poursuivre habilement la quête personnelle de Neo, l'Elu qui sauvera l'humanité de l'emprise des machines, tout en réalisant un film encore plus spectaculaire. Ont-ils relevé le défi? Oui et... non. Explications.
Après avoir opté pour un scénario très structuré dans le premier épisode, les cinéastes ont choisi de développer un script plus éclaté, ce qui complexifie encore d'avantage la compréhension d'un film qui est sans aucun doute le plus incompréhensible des trois. Normal, puisque Matrix Reloaded est un volet transitionnel. En tout cas cette suite s'emboîte logiquement dans la continuation. Neo est encore plus habile, sa relation avec Trinity prend de l'ampleur et les révélations concernant la Matrice, bien qu'assez floues, sont surprenantes. Voilà qu'on apprend avec stupéfaction que nous sommes à la sixième version de la Matrice, par cinq fois "rechargée", et que Neo n'est qu'une sorte de système de contrôle protégeant cette dernière en offrant de faux espoirs aux derniers êtres humains libres de Sion (par ailleurs cinq fois détruites elle aussi!). Quant à Smith, il est devenu un programme indépendant, alter ego de Neo, aussi puissant que lui donc impossible à battre. Comment? Le film ne donne pas vraiment de réponse excepté la version de Smith, Neo s'étant "impregné" en lui lors de leur dernier combat à la fin du premier volet.
Passionnant, le scénario l'est bien évidemment, à condition de faire preuve d'un minimum d'attention. Le point culminant du mystère est la rencontre de Neo avec l'Architecte, soi-disant le programme concepteur de la Matrice. Et là où l'on attend des révélations d'enfer, son discours reste très hermétique, il faut réellement bien se concentrer pour capter ne serait-ce que la moitié de ce qu'il dit. Neo se retrouve ensuite devant un nouveau choix symbolisé par deux portes: l'une ouvre sur le salut de l'humanité par le rechargement de la Matrice. L'autre ouvre sur le salut de Trinity et la l'extermination massive de toute l'humanité. On se replace donc au même niveau réflexif et philosophique que la premier épisode, les éléments religieux et mythologiques étant toutefois plus nombreux. Le choix, l'avenir, la liberté sont les thèmes de Matrix. Comment être libre dans la Matrice? Neo n'est même pas libre lui-même car toute sa quête est contrôlée. L'Oracle n'est pas un Oracle puisque ce programme contrôle lui aussi Neo.
Pfiou, c'est compliqué tout ça, j'en perd mon latin. J'ai bien aimé le discours de l'Oracle concernant les programmes illégaux acceptés par le système, qui se matérialisent dans la Matrice sous forme de fantôme, d'extraterrestre, d'événements surnaturels, etc... Les dialogues ne sont ni agaçants ni pompeux, mieux dosés que dans le premier épisode. Au niveau des scènes de combat et d'action, elles brûlent la rétine tant c'est beau. Longues et jouissives, c'est un véritable ballet qui se joue devant nous, on a plus l'impression que les personnages dansent qu'ils ne se battent. Le point culminant et sans doute l'un des plus beaux morceau de bravoure de toute l'histoire du cinéma, est la séquence de l'autoroute, très spectaculaire et extrêmement divertissante, qui fait écho à la cultissime scène de fusillade de Matrix premier du nom. Rien à dire, on est cloué au siège du début à la fin. Andy et Larry font ce qu'ils veulent de leur caméra pour des angles de vue improbables et vertigineux.
Les effets spéciaux vont donc plus loin que le "bullet time" pour des séquences jamais vues. Certains reprocheront l'utilisation abusive de l'image de synthèse. Toujours étant que c'est très très réussi et d'un esthétisme à tomber. La grande classe quoi. Le gros défaut du film est le manque d'explications. On aurait aimé en savoir plus sur le Maître des Clefs, sur l'Architecte, sur le Merovingien ou Perséphone, un manque volontaire puisque la trilogie n'est que le squelette d'un monde qui dépasse le support cinématographique et qui déborde sur le dessin animé, la série, le jeu vidéo, le manga, etc... FRUSTRATION, est bien le sentiment qui prédomine à l'issue de la projection, même si le spectateur a eu sa dose de violence. Je peux comprendre que le désir des cinéastes était de garder un minimum de mystère sur les tenants et les aboutissants de la Matrice. On repense alors à la question qui était il me semble la phrase d'accroche du premier volet: "What is the Matrix?" Question à laquelle on ne peut toujours pas répondre. Immense arnaque? Coup médiatique? Avant de savoir si on nous a pris pour des cons, il y a encore un autre épisode à regarder, l'ultime Matrix Revolutions.

To be concluded...

En deux mots: Une suite époustouflante unique dans l'histoire du cinéma, mais très complexe et qui ne peut se regarder sans le troisième volet avec lequel il ne forme qu'un film.




--15/20--

# Posté le jeudi 22 septembre 2005 05:27

LA CITE DE DIEU - Fernando Meirelles

LA CITE DE DIEU - Fernando Meirelles
Film brésilien avec Alexandre Rodrigues, Douglas Silva, Darlan Cunha (2003).




















Résumé: Dans une favela qui a vu le jour à Rio de Janeiro dans les années soixante, Fusée est un gamin noir, pauvre, trop fragile pour devenir hors-la-loi, mais assez malin pour ne pas se contenter d'un travail sous payé. Il grandit dans un environnement violent, mais tente de voir la réalité autrement, avec l'oeil d'un artiste. Il rêve de devenir photographe professionnel. Petit Dé, un enfant de onze ans, emménage dans la Cité. Il souhaite pour sa part devenir le plus grand criminel de Rio et commence son apprentissage en rendant de menus services à la pègre locale. Il admire Tignasse et son gang, qui arraisonnent les camions et cambriolent à tout va. Tignasse donne à Petit Dé l'occasion de commettre un meurtre, le premier d'une longue série... -Résumé Allôciné-

Immense succès brésilien, multiples récompenses et nomation à l'Oscar du Meilleur Film Etranger, père d'une série télévisée diffusée cet été sur France 5 (et sortie maintenant en DVD), La Cité de Dieu est un film choc. Adapté du best seller écrit en 1997 par Paulo Lins et qui met en scène plus de 300 personnages, ancien enfant de cette favela de Rio, ce n'est donc pas une fiction mais basé sur une histoire véritable. La Cité existe bel et bien même encore aujourd'hui. Escorté par un traffiquant, Fernando Meirelles s'y est fait menacé par un enfant armé d'un révolver dix minutes après son arrivée! De quoi vérifier que l'écrivain n'a absolument rien exagéré.
Issu du monde de la publicité et du clip vidéo, le cinéaste réalise ici son premier long métrage et quel long métrage! On y suit les aventures d'un adolescent apprenti photographe résident de la Cité et de ses relations avec les plus dangereux dealers. Le scénario se déploie avec l'avancée du film, serpentant, entrecroisant de multiples petites histoires des figures marquantes du quartier, abandonnant certains personnages temporairement pour se concentrer sur d'autres, laissant de côté le présent pour des flash backs et des flash backs dans les flashs backs (!), le tout étant facilement repérable pour le spectateur qui ne sait plus où donner de la tête. Les jeunes acteurs inconnus sont tous très convainquants!
Mais le point fort de ce film exemplaire est la mise en scène, qui exploite toutes les resources possibles pour en mettre plein la vue sans jamais faiblir. Ecrans splités avec deux actions différentes, accélérations, vues aériennes, mouvements de caméra 180° improbables à la "Matrix", relentis, découpage brutal, musique entraînante (même pour les séquences les plus violentes), gros plans, caméra à l'épaule et plan cadré au milimètre, tout y est. Le prologue donne immédiatement le ton (un montage de ouf quoi), on est totalement immergé, d'autant plus que la photographie est sublime, soleil aveuglant, sépia, surexpositions, couleurs tantôt délavées tantôt crues, on a parfois l'impression que Meirelles s'est servi d'une vieille caméra Super 8 tant le cachet est surprenant. Bravo pour ce travail parfait!
On ne s'ennuie pas une seconde lors de la projection de ce constat affligeant de la violence, on est constemment mis à l'épreuve notamment lorsque les scènes les plus dures éclatent (fusillades de gang, mise à mort d'enfants de moins de dix ans, tuerie éxécutée par un gamin hilare, etc...), un film qui divertit par son extraordinaire traitement mais qui fait aussi réfléchir. A louer d'urgence ou mieux, acheter la superbe édition double DVD du film!

En deux mots: Violent et visuellement très beau, on ressort sous le choc de cette expérience qui fait état d'une réalité à peine croyable.




--19/20--

# Posté le vendredi 23 septembre 2005 05:37

Modifié le vendredi 23 septembre 2005 06:11

MATRIX REVOLUTIONS - Wachowski Brothers

MATRIX REVOLUTIONS - Wachowski Brothers
Film américain avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Hugo Weaving, Jada Pinkett Smith, Lambert Wilson, Monica Bellucci (2003).

















Résumé: La longue quête de liberté des rebelles culmine en une bataille finale explosive. Tandis que l'armée des Machines sème la désolation sur Zion, ses citoyens organisent une défense acharnée. Mais pourront-ils retenir les nuées implacables des Sentinelles en attendant que Neo s'approprie l'ensemble de ses pouvoirs et mette fin à la guerre ? L'agent Smith est quant à lui parvenu à prendre possession de l'esprit de Bane, l'un des membres de l'équipage de l'aéroglisseur. De plus en plus puissant, il est désormais incontrôlable et n'obéit plus aux Machines : il menace de détruire leur empire ainsi que le monde réel et la Matrice... -Résumé Allôciné-

La fin de la saga arrive, un ultime épisode numéro trois portant le sous-titre avantageux de Revolutions, avec un "s" à la fin. Plusieurs révolutions annoncées mais le long métrage en contient-il réellement? Difficile à dire.
Ce film poursuit et achève l'aventure sans la poursuivre ni encore moins l'achever, ce qui est tout de même difficile à avaler pour un spectateur avide de réponses. Le premier épisode ouvrait sur tout un monde aux infinies possibilités. Le second épisode faisait se déployer cet univers de plus en plus complexe en posant toujours plus de questions. Et alors que ce troisième épisode se devait de boucler la boucle, que neni, nada, le néant, le vide intersidéral. On reste étonné et très frustré de ne pas avoir eu droit à des explications concrètes, au moins quelques réponses que diable! Mais les scénaristes en on décidé autrement. La saga ne sera pas une fin en soi... hum la pilule bleue reste coincée dans la gorge là! Deux films immenses pour presque rien, enfin si, un monde incroyable, d'une profondeur rarement atteinte, d'une complexité à couper le souffle, mais un monde survolé, à peine effleuré. On a l'impression de patauger dans la semoule pendant quatre heures (très courtes, on ne s'ennuie jamais), on a l'impression de nager dans un nuage. C'est ambigu, vague, incertain, vaporeux, on ne comprend presque rien aux tenants et aux aboutissants, les enjeux sont colossaux mais le "comment" et le "pourquoi" font défaut.
Reloaded et Revolutions sont deux films tellement profonds et complexes, mais où tellement peu est dit, que le tout devient vide. Des descriptions manquent, on ne comprend pas toujours les motivations des personnages, on se demande souvent qu'est-ce qu'il se passe à l'écran, on essaye de trouver une explication mais c'est difficile. On aurait tellement voulu connaître l'infrastructure de la matrice et le monde réel avec d'avantage de détails. Lorsque le générique de fin apparaît, des centaines de questions nous traversent l'esprit: comment et pourquoi l'Oracle a-t-elle changé d'apparence? (on a droit pour seule explication une histoire de choix qu'elle devait faire pour se rebeller) L'Oracle serait un programme qui serait avec les humains, mais n'avons-nous pas appris qu'elle faisait partie de la Matrice? Que vont devenir les humains libérés? Vont-ils aller à Zion? Néo est-il mort ou pas? Si Néo est lui aussi un système de contrôle, pourquoi son pouvoir dépasse les limites de la Matrice? Comment Néo arrive-t-il exactement à éliminer le virus Smith? La Matrice est-elle rechargée à a fin ou pas? Tellement de questions et si peu de réponses... Ou alors je n'ai pas tout compris.
Par contre au niveau visuel, on dépasse tout ce qui a été fait jusqu'à présent. Ce film est sans doute le film le plus spectaculaire et le plus beau jamais réalisé. On peut dire que les frères Wachowski sont vraiment aller jusqu'au bout de leurs idées. La scène de battaille à Zion est époustouflante de beauté et dépasse de loin le travail qui a été fait sur le plus beau des Star Wars. Plus violent, plus sanglant et plus noir, les machines sont par moment effrayantes et les morceaux de bravoure très nombreux. C'est intense, ça bouge, c'est génial. L'ultime combat entre Néo et Smith en forme d'apothéose est une réussite totale, Dragon Ball Z hybride, très violent et vraiment impressionnant. Décolage de rétine garanti! En matière d'effets spéciaux, on n'a pas fait mieux depuis, les trouvailles sont nombreuses, le travail exemplaire. Le tout soutenu par une mise en scène et une photographie splendide, largement supérieur au deuxième épisode. La musique est dantesque et colle aux émotions. Malheureusement, une pluie d'effets, même si je suis de ceux qui disent qu'ils ne sont ni inutiles ni exagérés, ne comble pas un scénario bien écrit mais troué de partout. Dommage que ce parti pris était celui-ci (le film s'assume comme il est). On aurait amplement préféré une histoire plus dense encore et d'avantage de révélations.

En deux mots: Un film maîtrisé mais souffrant de nombreux manques. Après Matrix, deux épisodes très vaporeux bien que très complexes.




--15/20--

# Posté le samedi 24 septembre 2005 12:19