Résumé: Tom Stall, un père de famille à la vie paisiblement tranquille, abat dans un réflexe de légitime défense son agresseur dans un restaurant. Il devient alors un personnage médiatique, dont l'existence est dorénavant connue du grand public... -Résumé Allôciné-
A History of Violence, un titre non traduit, qui laisse supposer une réflexion sur la violence dans nos sociétés modernes, un beau titre qui ne dit paradoxalement rien de l'histoire du nouveau long métrage de Cronenberg, le réalisateur de l'immense Vidéodrôme. Cet opus, autant le dire d'emblée, ravis autant qu'il déçoit. Analysons.
Il ravit dans sa première partie, longue présentation des personnages, astucieux prologue où la tension est palpable, parallèle entre le père et le fils qui se démènent tant bien que mal dans leurs petites vies tranquilles. Ca parle de violence et la réflexion est là, mais à un niveau beaucoup trop embryonnaire à mon goût, on aurait voulu que le cinéaste aille plus loin dans cette démarche, quitte à faire un film plus métaphysique. Bon, une fois que le braquage a eu lieu, le film gagne en intérêt et en profondeur: qui est Joey? qui est cet homme à l'oeil mort qui ne cesse de le harceler, lui et sa famille? Le suspense se centre aussi de plus en plus sur le protagoniste, Tom, interprété par un Viggo Mortensen extrêmement bon. N'oublions pas de remarquer une fois de plus le charisme hallucinant de Ed Harris, qui place lui aussi la barre très très haut. Les scènes de sexe nous rappellent que nous avons bien affaire à du Cronenberg, ainsi que la violence très crue où l'on ne lésine pas sur les effets gores. Le parallèle entre le fils et le père est intéressant, tout deux héros agressés et agressifs. Mais dommage qu'il en soit resté là.
Le long déçoit ensuite amplement dans sa seconde partie, où le suspense retombe comme un soufflet. La mise en scène est également moins bonne, car Cronenberg se laisse aller à des séquences de film d'action classique où le but est de tuer le big boss. Très classique et prévisible, on aurait aimé d'avantage de rebondissements! De plus, à un moment où l'on attend des révélations, le script ne nous les offre pas, le passé de Tom (incluant ses agissements) restant très vague. Le film s'achève enfin sur une très belle scène où les enjeux psychologiques sont clairs et intenses. Bref, pourquoi ne pas avoir poussé la réflexion jusqu'au bout? Le spectateur est abusé par un titre plutôt prometteur. Notons que la musique est de très bonne facture et que la photographie reste dans les limites du correct où il n'y a rien à signaler. On attendait un film atypique et profond, du même calibre que la complexité et le génie réflexif de Vidéodrôme, décidemment son chef-d'oeuvre.
En deux mots: Un long métrage de conception très classique qui aurait mérité plus de travail, mais au traitement exemplaire.
14/20



