Résumé: Un jeune homme qui ne s'aime pas va apprendre à s'aimer au contact d'une jeune femme qu'il rencontre à Paris... -Résumé Allôciné-
Rarement un aussi grand mystère avait été gardé autour du nouveau projet de Luc Besson. Et pas des moindre puisqu'il s'agit de son grand retour derrière la caméra. Après de nombreuses productions affligeantes et détruisant un à un nos chers petits neurones, son film se devait de faire "boum", comme un mini big bang dans un paysage meurtri par des bandes d'une nullité grandiose (Le Transporteur, une belle merde). On peut déjà affirmer que le silence entourant le long avant sa sortie était une bien mauvaise tactique. Faut-il rappeler que plus un film est attendu et plus l'exigence du spectateur devient importante. Dans le cas d'Angel-A, les espérances sont loin d'être comblées, même si... même si... le film a un certain charme, un petit quelque chose qui le rend séduisant et in fine agréable à regarder...
A commencer par la photographie, sublime. Ca faisait longtemps qu'on avait pas eu droit à un véritable noir et blanc, qui ajoute à l'oeuvre une douceur visuelle assez impressionnante. Le noir et blanc a quand même plus de caractère, surtout lorsque les noirs sont si profonds et les blancs si éclatants. Je suis impatient de voir le résultat en numérique sur DVD. La mise en scène, même si elle n'est pas exceptionnelle, est à la hauteur d'un Luc Besson "bas de gamme". On sent quelques facilités parfois, mais rien de vraiment critiquable. La majorité du film repose ensuite sur le jeu des acteurs, et quels acteurs! Jamel debbouze est vraiment parfait, drôle, touchant. Pas un bégaiement qui a pourtant fait sa marque de fabrique, pas d'excès vocaux ni d'agitations hystériques, rien que du sincère, du profond, du touchant. Et là où il transcende tout, où il traverse l'écran pour pénétrer dans le regard du spectateur et l'atteindre de plein fouet, c'est indéniablement la scène du mirroir, un face à face touchant sans le moindre faux pas, long plan séquence, lent travelling, des larmes...réelles... et le tour est joué, on est conquis! (hein oui ma Rox?) Quant à Rie Rasmussen, immense blonde d'1m80 parfaitement dysproportionnée, aux jambes et aux bras tentaculaires, un ange pétasse qui fume comme un pompier, elle est attachante dans ce rôle taillé (hum) sur mesure, bien qu'ayant un accent à couper au couteau qui ne nous laisse pas tout comprendre. Un duo qui fonctionne très bien, soutenu par des dialogues assez savoureux, bien que parfois un peu trop moralisateurs mais vraiment, je chipote là.
Le scénario quant à lui reste le point négatif. Il est assez classique, très linéaire, et le chmilblik avance assez lentement. Il y a quelques bonnes choses, quelques bonnes idées introspectives, quelques bonnes leçons de vie et d'amour de soi-même. Certaines personnes auraient cruellement besoin d'une angel-A pour se sentir mieux! Lorsque l'on sort de la salle, on a pas vraiment l'impression d'avoir vu un film unique, mais surtout un film simple et beau. Les derniers plans sont sublimes, et pourtant il aurait été aisé de les rater. Bref, rien de vraiment différent, rien de vraiment à part, rien de ce que l'on était en droit de s'attendre, mais il reste qu'il s'agit d'un long métrage qui se regarde avec un grand plaisir, sans honte aucune.
En deux mots: Un petit film sympatoche réalisé par un petit Luc Besson, avec un très très grand (contrairement aux apparences) Jamel Debbouze dedans!
--13/20--




