TOP 50 - NUMERO 1

AMBLIN7



Mon numéro un est un film d'une durée de plus de quatre heures.










Mon numéro un est sorti en l'an de grâce 2003.










Mon numéro un enchaîne les scènes cultes non stop.










Mon numéro un est un divertissement américain.










Mon numéro un est drôle, violent et émouvant.










Mon numéro un est le film qui m'a procuré le plus de plaisir à ce jour.









NUMERO 1


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B
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QUENTIN TARANTINO





Noir. Respiration haletante. Uma Thurman en mariée, bien amochée, image noir et blanc. Sur un mouchoir, un prénom. Bill. Une parole: "Bill, c'est ton bébé". Un coup de feu, BANG!!! Le film n'a pas commencé depuis plus de cinq minutes que le spectateur est déjà au bord de la crise cardiaque. Je suis allé le voir cinq fois au cinéma. Les cinq fois, ce coup de feu m'a fait sursauté. Et les cinq fois, je tremblais d'excitation devant cet hallucinogène. A présent la voix de Nancy Sinatra résonne dans la salle de cinéma "bang bang, my baby shot me down..." Le chapitre 1 s'appelle "2". C'est bien du Tarantino. Est-ce un flash-back ou pas? On sera vite fixé. La première scène de combat donne le ton, mais aussi étonne car Tarantino n'a jamais réalisé de films d'action. Le rythme est soutenu, c'est violent, amusant et surtout drôle. Une première séquence d'anthologie qui se termine par l'arrivée impromptue de la fille de Vernita Green. "Tu veux un café?" Il y a deux secondes elles se battaient à mort et voilà qu'elles boivent du café ensembles. On se dit qu'on va avoir droit aussi à un film décalé, comme je les adore par dessus tout. On ne se prend pas au sérieux, l'objectif principal est le divertissement pur et simple. J'ai déjà fait dans ma culotte, durée du long pour l'instant: 7 minutes. Et le tout dure 4 heures. Là je refais dans ma culotte rien que d'y penser. Paf, retour en arrière à El Paso. "Fils numéro 1, cette suceuse de bites n'est pas morte" Seconde séquence d'anthologie, la scène de l'hôpital avec le clin d'oeil à Brian DePalma (écran splité et splendide morceau de Herrmann même reprise dans des publicités depuis). Troisième scène culte, l'arrachage de lèvre de Buck ("Who wants to fuck"). Le troisième chapitre est un manga ultra violent storyboardé par Quentin lui-même et avec pour trame musicale une partition de western spaghetti! Là aussi c'est complètement fou, décalé, terriblement jouissif, un vrai bonheur, une vraie audace de malade. Là aussi on comprend l'interdiction aux moins de 16 ans: pédophilie, massacres, fusillades d'une violence à peine, à peine hein, exagérée (ironie quand tu nous tiens). Retour au live, ça fait bizarre de revoir Uma. Plan caractéristique sur des pieds féminins que l'on retrouve dans tous les films du cinéaste (petit fétichiste va!). En route pour Okinawa, rencontre avec le légendaire Hattori Hanzo incarné par un dieu vivant, Sonny Chiba. Un chapitre entier pour la bataille rangée à la villa bleue, un chapitre proprement hallucinant, où presque rien n'est dit, mais où l'action est transcendantale. Là on nage en plein délire visuel: le sang gicle comme si les veines étaient des tuyaux sous pression (les deux plus beaux sont sans aucun doute la décapitation de Boss Tanaka par O Ren et le tranchage du bras de Sophie Fatale par Beatrix, une scène limite destabilisante, avec l'insert sur les yeux d'O Ren!), Beatrix nous fait une démonstration surhumaine où les deus ex machina sont bien évidemment légion, mais qu'importe! On retiendra surtout de ce long chapitre d'action pure le duel avec Gogo (terrible hommage à Kinji Fukazaku), le carnage orgasmique noir et blanc des Crazy 88 (l'énucléation manuelle, la tranchage d'un homme dans le sens de la hauteur!), et surtout le duel avec O'Ren, sublimissime (essoufflement des corps, le katana devient lourd, et cette formidable musique). Mais ce n'est pas fini! Changement de cap avec la seconde moitié du film avec une superbe révélation: la fille de Beatrix est vivante. Prend ça cher spectateur! La claque est douloureuse mais comme je suis masochiste, ça fait du bien. Seuls deux ennemis sont tués à ce niveau là (sur cinq) et le long métrage est très loin d'être terminé. Tarantino joue avec nos nerfs et s'amuse maintenant à bouleverser l'avancée logique de l'histoire telle qu'on aurait pu la prévoir: Beatrix ne tue pas Budd mais c'est Elle Driver qui s'en occupe (monstrueuse scène culte du Black Mamba, ce n'est pas Beatrix qui le tue, mais son incarnation à sang froid), Beatrix ne liquide pas Elle mais se contente de lui arracher un oeil (il raccourcit alors le combat dans la caravane, ce qui n'est pas sans nous frustrer!), Beatrix se trouve en forte mauvaise passe en se faisant avoir bêtement par Budd (sans doute la meilleure séquence de ces quatre heures, celle où elle est enterrée vivante, une scène absolument insoutenable!), et ses retrouvailles avec Bill... Tarantino s'amuse à aller là où on ne l'attend pas. La scène avec Bill, B.B. (pour Bill et Beatrix) et Beatrix est proprement incroyable. "Bang bang! Je t'ai tué maman!" Là le cinéaste se surpasse. Tout est parfait ici: la performance des acteurs, la mise en scène, tout. On a même des frissons au moment de la mort de Bill, avec cette formidable musique d'Enio Morricone "Comment tu me trouves?" "Je trouve que tu es prêt" (sans entendu, à mourrir). Mon dieu. Si un dieu du cinéma existe, je lui dresserais un autel pour prier tous les soirs. Immense. Absolument immense. Le long générique final nous montre que Tarantino ne veut pas en finir avec ce projet du feu de dieu. On y retrouve les éléments inhérents à son univers cinématographique comme le costards des criminels, les cigarettes Red Apple, le rectangle qu'Uma Thurman a déjà dessiner imaginairement dans Pulp Fiction, les céréales (Quentin collectionne les boîtes de céréales), la fameuse vue du coffre, la voiture intégrée dans un paysage qui défile, les longues lignes de dialogues décalés (bien que ce soit pour la première fois un film d'action), etc... Ajoutons à cela une photographie très saturée en couleurs, une bande originale géniale, une mise en scène sans faille blindée de clins d'oeil et nous obtenons Kill Bill, oeuvre immense, fresque vengeresse, qui a quelque chose de malade, de jouissivement extrême, d'extraordinairement complexe (malgré le fait que la trame scénaristique soit aussi mince que la lame d'un katana). Tous les personnages sont inoubliables, si bien que l'on pourrait faire des spin-off sur n'importe qui. L'oeuvre d'un fanatique de cinéma, le film d'un fou furieux de son art, qui aime ce qu'il fait, qui n'a rien demandé à personne, qui ne demande qu'à avoir la paix et réaliser encore le plus de films possibles. Et c'est tout ce que l'on lui souhaite. Son quatrième et son meilleur film. Un chef-d'oeuvre.




MON FILM CULTE!




amblin7
TOP 50 - NUMERO 1

# Posté le mardi 28 mars 2006 10:43

Réaction à chaud: ROMANZO CRIMINALE - Michele Placido

Réaction à chaud: ROMANZO CRIMINALE - Michele Placido
Film italien avec Kim Rossi Stuart, Anna Mouglalis, Pierfrancesco Favino (2006).





















Résumé: 1975. Le Libanais a un rêve : conquérir Rome. Pour réaliser cette entreprise sans précédent, il met en place une organisation criminelle sans pitié. Pendant 25 ans elle se développera et son histoire sera indubitablement liée à la période la plus noire que l'Italie ait connue ces années-là : terrorisme, enlèvements et corruption au plus haut niveau politique. L'inspecteur Scialoia ne cessera de traquer cette organisation, tout en conquérant le coeur de Patricia, la femme de l'un d'entre eux.-Résumé Allôciné-

Romanzo Criminale est une longue fresque de deux heures et demi qui relate l'histoire vraie d'un groupe d'amis organisés comme un gang de criminels avec un chef et tout le tsoin tsoin. A partir d'un scénario extrêmement fouillé et complexe (adapté d'un roman), Michele Placido met en scène un film très nerveux qui finalement s'en sort très bien. Divisé en trois chapitres, en rapport avec les trois chefs successifs de l'organisation, le long métrage captive dès le début en commençant par leur enfance. Le titre, en rouge sang, apparaît sur une musique on ne peut plus joyeuse lors du dernier souffle d'un gamin. Un enfant meurt et l'histoire commence. On se dit alors qu'on va avoir droit à un véritable drame. Et c'est effectivement le cas! Habile, le cinéaste se complique le travail mais le résultat est très convainquant: on se trouve limite vers un style un peu à la Meirelles, en moins "photographique". A ce sujet, les images sont granuleuses et souvent crépusculaires, ce qui est propice à cette histoire qui... et bien qui finit mal, disons le tout de suite. Certains diront que la mise ne scène est bâclée. En effet, si elle n'est pas exceptionnelle, elle est rattrapée par le montage, très bien foutu (un boulot de taré). Le jeu des acteurs, tous illustrement inconnus dans nos contrées, est par contre extrêmement bon. On est emporté dans une sorte de tourbillons et ça ne s'arrête jamais. On a l'impression que l'évolution de l'histoire stagne un moment, surtout au début de la bande, mais les deux derniers chapitres rattrappent ce petit inconvénient.
Michele Placido gère avec brio deux histoires d'amour entremêlées, et c'est même ce qu'on retiendra le plus de ce long rital: elles ont de la force, de la puissance, et c'est complètement impuissant justement que l'on regarde leur dénouement... malheureux. Les deux actrices principales sont très belles et très charismatiques (des italiennes, tiens donc...) et on adhère complètement à leurs relations. Pêle-mêle: les images d'archives sont parfaitement bien intégrées et permettent de mieux ancrer le film dans son époque, on notera toutefois une explosion dont les effets spéciaux sont ratés (il s'agit de l'explosion de la gare, dommage!), la fin est émouvante: elle clôt merveilleusement bien un film plutôt bon dans l'ensemble, parfois un peu juste mais parfaitement crédible, d'une longueur qui peut rebuter. Mais il s'agit tout de même d'une oeuvre intéressante par de multiples aspects: les règlements de compte entre les gangs et la mafia, la complexité d'une relation amoureuse, le contexte politico-social... Je regrète juste que, l'histoire se déroulant à Rome, les décors ne soient pas plus beaux que ça. Bon, peut-être n'ont-ils pas eu les autorisations pour filmer dans des endroits ou devant des monuments célèbres. Quelques points noirs donc, pour un film à découvrir!

En deux mots: Un très bon film italien pour les amateurs de tragédies mafieuses complexes.




--14/20--

# Posté le jeudi 30 mars 2006 13:49

Réaction à chaud: LA DOUBLURE - Francis Veber

Réaction à chaud: LA DOUBLURE - Francis Veber
Film français avec Gad Elmaleh, Daniel Auteuil, Alice Taglioni, Kristin Scott Thomas, Richard Berry, Virginie Ledoyen, Dany Boon, Michel Jonasz, Karl Lagerfeld, Noémie Lenoir (2006).









Daniel Auteuil: "Tais-toi!!!"







Résumé: Surpris par un paparazzi avec Eléna, sa maîtresse, un top model superbe, le milliardaire Pierre Levasseur tente d'éviter un divorce sanglant en inventant un mensonge invraisemblable. Il profite de la présence sur la photo, d'un passant, François Pignon, pour affirmer à sa femme qu'Eléna n'est pas avec lui, mais avec Pignon. Pignon est voiturier. C'est un petit homme modeste. Levasseur, pour accréditer son mensonge, est obligé d'envoyer la trop belle Eléna vivre avec Pignon. Elena chez Pignon, c'est un oiseau de paradis dans un H.L.M. Et aussi une mine de situations.-Résumé Allôciné-

Après Jacques Brel, Pierre Richard, Jacques Villeret et Daniel Auteuil, c'est au tour de Gad Elmaleh d'interpréter François Pignon, ce monsieur tout-le-monde (ou n'importe-qui) à qui il arrive des choses incroyables. Notre cher Pignon se retrouve pris dans un engrenage mêlant scandale people, crise sociale et consommation, dont il ne comprend quasiment rien des tenants et des aboutissants. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il doit vivre jour et nuit avec un top model célébrissime (mais très loin d'être fulgurante de beauté et de charisme). Notre comique national Gad endosse un Pignon sensible, naif, mais moins bêta qu'avant, ce qui diminue l'impact du personnage (souvenez-vous de Villeret dans Le dîner de Cons, le chef-d'oeuvre de Francis Weber): trop honnête, trop gentillet, trop parfait, on devine immédiatement ses intentions et ses réactions. En ce qui concerne son jeu, on est loin du César et encore plus loin de la consécration: par moment trop approximatif, il est moins convainquant qu'un Youn par exemple. Il est épaulé par son ami et collègue de toujours, Dany Boon qui ne rattrape rien du tout. Mais la déception ne s'arrête pas là: Alice Taglioni, qui rêvait d'une carrière d'actrice, aurait dû se cramponner à ses partitions, son interprétation étant beaucoup trop juste. De même pour Virginie Ledoyen, qui ne cesse de penser à autre chose et ne plonge pas assez dans son personnage. Heureusement, Daniel Auteuil et Kristin Scott Thomas forment un couple formidable (Kristin, avec son petit accent british, est sublime), secondé par Richard Berry, fidèle à lui-même.
Une interprétation inégale donc. En ce qui concerne la réalisation, c'est parfois trop juste au niveau du rythme, mais je chipote (parfois les raccords sont un peu mou entre les scènes et souvent on s'égare étrangement). Où est donc le Francis Weber du Dîner de Cons? L'histoire est bonne, amusante, l'humour assez subtil (on ne cède pas aux rebondissements bêtes des Bronzés 3 par exemple, style le personnage tombe dans l'eau, ah ah c'est marrant!), dommage qu'on aille pas plus loin dans la méchanceté et la critique du monde des célébrités (n'est pas Chatiliez qui veut vous me direz). Là où le film est intéressant c'est lorsqu'il met en parallèle plusieurs scènes entre Levasseur et sa doublure, ou entre les deux classes sociales (la scène d'ouverture et celle de la demande en mariage par exemple). Malheureusement, la fin est trop vite expédiée et trop, elle encore, à l'image de Pignon, gentillette: le véritable amour triomphe, les "méchants" sont punis, etc... Le tout est sans trop de surprises, bien que l'ensemble tienne la route. Et puis bon, c'est léger, drôle (sans être bidonnant non plus), simple, agréable, ça laisse de bonne humeur, donc pourquoi pas! Mais bon, n'empêche que je suis déçu, moi qui m'attendait à un nouveau dîner de cons en présence de François Pignon. N'empêche que c'est toujours largement mieux que Tais-toi!, qui est un film nullissimement ridicule.

En deux mots: Agréable, mais plombé par une interprétation approximative. On est à des milliers de kilomètres du Dîner de Cons!




--11,5/20--

# Posté le vendredi 31 mars 2006 04:47

Modifié le mardi 04 avril 2006 12:54

Réaction à chaud: JEAN-PHILIPPE - Laurent Tuel

Réaction à chaud: JEAN-PHILIPPE - Laurent Tuel
Film français avec Fabrice Luchini et Johnny Halliday (2006).






















Résumé: Fabrice, cadre moyen, est un fan absolu de Johnny Hallyday, peut-être même le plus grand... Mais un jour, il se réveille dans une réalité différente, un monde parallèle où Johnny n'existe pas. Perdu, orphelin, il se met alors à la recherche de Jean-Philippe Smet, pour savoir ce qu'il est devenu dans cette autre dimension, et lorsqu'il le retrouve enfin, c'est pour découvrir un patron de bowling, un type comme les autres qui n'est jamais devenu une star. Fabrice n'a plus qu'un seul but : ressusciter son idole, réveiller le "Johnny" qui sommeille en Jean-Philippe. Mais Jean-Philippe peut-il devenir en quelques mois ce que Johnny Hallyday a mis des années à construire ? Les deux compères ont 40 ans de "Johnny" à rattraper ! A travers l'aventure de ce pari impossible, une amitié extraordinaire va naître entre les deux hommes...-Résumé Allôciné-

Petite avant-première à la sortie nationale le 5 avril (en présence de mes stars favorites bien sûr;)). Jean-philippe de Laurent Tuel est un petit bijou d'intelligence, une comédie frenchie qui se veut réflexive, émotionnelle, brillante, musicale et drôle. Sans doute la meilleure comédie hexagonale de ce début d'année un peu fadasse. Le postulat est déjà sublime: et si Johnny Halliday n'avait jamais existé? Pourquoi? Comment? Et que serait-il devenu s'il n'était pas devenu une super star? Sans doute serait-il le gérant de L'Olympia Bowling dans un bled paumé, sans doute aurait-il eu un fils qu'il aurait appelé Laurent au lieu de Laura pour une fille, sans doute... Les déclinaisons sont infinies, les possiblités nombreuses. Pour ce faire, le scénariste opte pour la fantaisie, le fantastique, l'improbable: un brusque changement d'univers, un saut d'un univers parallèle à un autre, brièvement expliqué par un Berroyer moustachu et professeur de physique (s'il n'était pas devenu l'acteur?). Mais on s'en fout de cette improbabilité. Ce qui importe est le message, et il est énorme pour une "banale" comédie. Nous y reviendrons plus tard. On est donc emporté dans cette aventure surnaturelle, sans vraiment de temps mort durant une heure et demie. Fabrice Luchini est é-no-rmEUH, oui impeccable, irrésistible en fanatique de Johnny et qui vit un cauchemar sans perdre son sang-froid. Vraiment, une interprétation de fou-dingue. Johnny est plus moyen mais crédible, il contribue sans aucun doute à la réussite de la bande.
Et si Johnny n'avait pas eu de succès... Et si... Génial. La mise en scène est aussi intelligente que le fond et soutient parfaitement le script. Le film fait obligatoirement penser à un certain Podium: la comparaison s'impose donc, même si les deux longs sont différents en de nombreux points. Podium est plus drôle, plus excentrique, aux dialogues désormais cultes, mais cède un peu à la facilité sur sa fin, là où on aurait attendu quelque chose de plus caustique. Jean-Philippe est mieux écrit, plus intelligent, plus compact, on s'éclate moins mais purement objectivement, sur le plan artistique, est mieux réussi. Laurent Tuel fait alors un clin d'oeil hallucinant à son grand frère cinématographique, un "hommage" hilarant que je vous laisserais le soin de découvrir par vous-même car le plaisir est immense. Tout cela est fort prometteur. Plus la bande se déroule et plus nos yeux s'ouvrent. Tantôt émouvant, tantôt drôle, même les non fans de Johnny prendront leur pied. Et lorsque la fin arrive, lorsqu'on croit que ça va se finir classiquement (Johnny redevenu star, réconcillié avec son épouse et Fabrice avec sa fille), le cinéaste nous offre une pirouette, un ultime rebondissement qui, lorsque l'on réfléchit, s'imposait de lui-même. Magnifique. Ce film cause de destin: et si... et si dans un monde parallèle, j'étais un célèbre réalisateur de blockbusters? et si dans un monde parallèle, j'étais un écrivain mondialement connu? Ce film nous dit de suivre nos ambitions, nos rêves, nos envies, nos voeux d'enfants. Ce film nous dit qu'il est toujours possible de rêver malgré le fait qu'on soit devenu adulte.

En deux mots: LA comédie qu'il ne faut ABSOLUMENT pas manquer. Brillante, drôle, émouvante, intelligente!




--16/20--

# Posté le dimanche 02 avril 2006 06:19

20/20

20/20
Comment noter un film? Quel est le meilleur système de notation?

Depuis quelques temps, j'ai opté pour une note sur 20, car il me semblait évident que seul ce type de note pouvait contenir toutes les nuances nécessaires. Une note sur 4 points? Non, comment estimer convenablement tout en restant objectif. Une note sur 5 points? Non plus, car en plus de l'inconvénient précédent, il ne peut pas y avoir de note médiane (un film moyen ne pourra qu'être noté que par un 2,5). 6 points alors? C'est déjà mieux, mais ce n'est à mon avis toujours pas suffisant s'il on est très pointilleux. Je ne voulais pas une simple estimation de qualité de l'oeuvre, mais bel et bien une note suffisament représentative de la qualité globale. Cependant aujourd'hui je m'aperçois des limites de cette méthode. Souvent des visiteurs m'ont fait remarquer un certain décalage entre le corps de la critique et la note finale. Par exemple, une critique constellée de points négatifs et une note finale de 14/20, qui est une bonne note. Parfois aussi, je ne sais pas comment juger un film de qualité très médiocre, qui aura une note sous la moyenne. En effet, pourquoi mettre un 5/20 et pas un 3/20? Quelle est la différence entre un 3 et un 5? Difficile à dire. Et idem pour les notes très élevées! Quelle différences y a-t-il entre un 19/20 et un 20/20? Souvent, je dois l'avouer, la différence est subjective. Une note de 19 à L.I.E par exemple alors que Orange Mécanique se tape un 18 (alors qu'il est sans doute artistiquement supérieur), c'est subjectif.
Vous l'avez sans doute remarqué, cette dichotomie subjectif/objectif me pose énormément de problèmes. Comment être suffisament objectif sans pour autant se laisser emporter par sa subjectivité? De plus, comment savoir si ce que je crois être objectif l'est effectivement? Mes connaissances ne sont pas extraordinaires et je n'ai jamais eu la prétention de m'y connaître. Simplement d'être cinéphile, ça oui. Peut-être que lorsque je critique une mise en scène par exemple, je me trompe en disant et en argumentant qu'elle est médiocre. Quelles sont les limites de mon objectivité? Ici on touche quelque chose d'encore plus sensible, c'est-à-dire, comment reconnaît-on un bon film? Un bon film, est-ce un film avec lequel on a pris du plaisir (La Doublure par exemple)? Ou est-ce un film unaniment reconnu comme étant une prouesse intellectuelle et artistique (2001 par exemple)? J'ai pris deux exemples limites caricaturaux pour que ce soit plus clair. Je veux dire, et si, quelqu'un venait prouver par A+B que 2001 est un mauvais film? (Vous remarquerez mon esprit très scientifique) Bon, je pense tout de même que le 7ème art a ses codes, c'est une réflexion un peu extrême je l'avoue. Tout ça pour ce système de notation de merde. Je ne sais pas quoi adopter. Sans doute vais-je devoir adopter une nouvelle formule, plus convainquante, plus proche de la critique en elle-même, et aussi plus équilibrée.

# Posté le jeudi 06 avril 2006 07:06

Modifié le jeudi 06 avril 2006 09:16