Film américain avec Tom Hanks, Audrey Tautou, Jean Reno, Ian McKellen, Paul Bettany (2006).
Résumé: Une nuit, le professeur Robert Langdon, éminent spécialiste de l'étude des symboles, est appelé d'urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il a laissé de mystérieux symboles... Avec l'aide de la cryptologue Sophie Neveu, Langdon va mener l'enquête et découvrir des signes dissimulés dans les oeuvres de Léonard de Vinci. Tous les indices convergent vers une organisation religieuse aussi mystérieuse que puissante, prête à tout pour protéger un secret capable de détruire un dogme deux fois millénaire... De Paris à Londres, puis en Ecosse, Langdon et Sophie vont tout tenter pour déchiffrer le code et approcher les secrets qui remettent en cause les fondements mêmes de l'humanité... -Résumé Allôciné-
Dan Brown est à l'origine d'un des plus gros succès "littéraire" de ces dernières années, un roman en forme de pavé qui, une fois lu, sert volontiers de pressoir ou bien d'une cale pour table boîteuse. Da Vinci Code, le roman, c'est donc un suspense je dois le reconnaître assez bien ficelé qui se lit rapidement mais qui est finalement à des années lumière des divagations proprement proustiennes. De la littérature pour grand-mères quoi. Le livre repose sur un postulat ô combien polémiquable: Jésus (prononcer Djizas, pour faire stylé à l'américaine) a engrossé la putain Marie-Madeleine, laquelle a donné naissance à une fille. Jésus a donc eu, selon l'intrigue du bouquin, une descendance qui compta de nombreux rois de France. Là les extrêmistes religieux s'insurgent, ce livre est blasphématoire, un affront à l'église, patati patata... Une polémique à deux sous en somme. Dan Brown doit bien se marrer de tout ces ringards qui prennent le bouquin pour écriture d'Evangile, car s'ils ont bien lu le contenu, ils ont dénié la couverture sur laquelle est inscrit, en grandes lettres majuscules: R-O-M-A-N. Pures inventions donc, rien de choquant, rien de blasphématoire, pouf, pétard mouillé. Je m'esclaffe, et c'est en pouffant de rire que je vais voir au cinéma cette adaptation... réussie, bah oui, réussie.
Sifflé, hué, privé d'applaudissements au Festival de Cannes, Da Vinci Code est en fait le parfait reflet du livre: on le suit avec plaisir et basta. Une fois fini, on oublie vite fait cette intrigue faussement complexe et très linéaire. Je ne félicite absolument pas les critiques frustrés qui se sont acharnés sur l'oeuvre de manière fort injuste. Avant de parler du film plus précisément, je voudrais encore dire qu'une telle adaptation remet sur la table l'utilité de telles opérations. En le regardant, on a vraiment l'impression que tout cela n'a été orchestré que pour fabriquer du pognon parce que tout sonne creux lorsqu'on a déjà lu le livre. Pour ceux qui découvrent l'histoire, je ne dis pas... Mais pour les lecteurs du Da Vinci, cela n'apporte strictement rien. Ca le dénature même. Bref, les lumières s'éteignent, c'est parti pour deux heures trente de suspeeeeense insoutenable (ben quoi, tout le monde sait que .........biiiip........). Hans Zimmer confirme son talent en signant une partition musicale d'excellente facture (pour ne pas changer). La photographie est assez fade, sauf pour les flashbacks historiques, assez impressionnants visuellement! (un grain peut-être un chouia trop important par moment)
La mise en scène de Ron Howard est académique, quelques effets de style à la Fincher alourdissent un peu le tout, mais on s'en branle. C'est impersonnel, n'importe qui aurait pu être derrière la caméra, on ne reconnaît pas du tout le style du cinéaste. Mais bon, ça soutient le déroulement de l'histoire, remarquablement fidèle au livre, ce qui donne un certain sentiment de linéarité. Les événements s'enchaînent assez rapidement, le film n'est pas spécialement bavard (comme j'ai pu l'entendre) et les séquences dialoguées sont justement assez amusantes, comme les explications de Teabing par exemple. Bon, l'histoire souffre de ce dont le livre souffre (réplications de défauts comme Jésus pour les petits pains): le gentil est en fait méchant (trois rebondissements de ce genre quasiment l'un derrière l'autre, c'est un peu facile et terriblement stéréotypé), beaucoup de Deus Ex Machina qui, s'ils passaient encore à l'écrit deviennent un peu ridicules sur grand écran (on menace les héros d'un flingue, un oiseau passe par là et effraie le méchant, ce qui donne l'opportunité aux héros de fuir, mouais!). Toujours est-il que l'on se surprend à jouer le jeu et il est aisé de s'y plonger vraiment bien, malgré le manque d'identification aux personnages. Tom Hanks est bien, sans plus. Audrey Tautou est surprenante, malgré les mauvaises langues qui disent d'elle qu'elle est une mauvaise actrice, ce dont je ne suis absolument pas d'accord. Ian McKellen est excellent dans la peau de Teabing et Paul Bettany crève littéralement l'écran dans le rôle de l'albinos Silas! Par contre Jean Reno est à chier: quel que soit le rôle, il a toujours le même regard inexpressif.
En résumé, l'ensemble est tout à fait correct, malgré de nombreux défauts. Ron Howard fait le strict minimum et se repose sur les lauriers de Dan Brown. Le résultat est prenant, bien que consensuel et finalement loin d'être source de polémiques idiotes. Inutile de le siffler, c'est très loin d'être une bouse. Le cinéaste aurait pu donner un peu plus de lui même au lieu de rester distant du sujet. Da Vinci Code , ce n'est pas du cinéma. Ou tout du moins, il est au cinéma ce que le roman de Brown est à la littérature: du divertissement. A défaut d'être de l'art...
En deux mots: Tel livre tel film, Da Vinci Code est une excellente adaptation du best seller. Soit un film inutile mais divertissant, injustement hué à Cannes.
--13/20--