LA COLLINE A DES YEUX - Alexandre Aja

LA COLLINE A DES YEUX - Alexandre Aja
Film américain avec Aaron Stanford, Ted Levine, Kathleen Quinlan (2006).






















Résumé: Pour fêter leur anniversaire de mariage, Big Bob Carter, un ancien policier de Cleveland, et sa femme Ethel ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie. Big Bob est sûr que faire la route tous ensemble les aidera à resserrer des liens familiaux un peu distendus. Même si tout le monde vient, personne n'est vraiment ravi d'être là. Lynn, la fille aînée, s'inquiète du confort de son bébé. Son mari, Doug, redoute de passer trop de temps près de son beau-père. La jeune Brenda regrette de ne pas être allée faire la fête à Cancun avec ses amis. Et Bobby ne s'intéresse qu'aux deux chiens de la famille. Une route désertique va conduire les Carter vers le pire des cauchemars...-Résumé Allôciné-

Alexandre Aja, lui je connais. C'est le mec qui a réalisé Haute Tension avec Cécile de France. Pour les curieux qui ont vu ma critique (écrite lors des balbutiements de ce blog), vous avez sans doute remarqué que j'ai très fortement descendu ce film. J'ai même osé le qualifier de "mineur". On arrête tout. J'en ai entendu tellement de bien que je vais le revoir et le redécouvrir avec un oeil "neuf". Et je m'excuse auprès de tous les lecteurs qui ont justement pointé du doigt mon ignorance en matière de film d'horreur. Vous avez raison, je n'y connais quasiment rien, je les regarde simplement, les aime ou les déteste. Ensuite je donne mon avis sur cette plateforme qui vaut ce qu'elle vaut, sans doute pas grand chose, mais elle a le mérite d'exister. Je vous promets de réécrire cette critique une fois que j'aurais revu le long métrage avec Philippe Nahon. Passons. La colline a des yeux est l'adaptation du film culte de Wes Craven datant de 1977, à l'époque où il savait exploiter à fond son talent: qu'il n'a d'aillurs pas perdu, mais qu'il sait moins bien nourrir. Wes Craven lui-même a assuré la production de ce remake, pour laisser le jeune cinéaste français le soin de s'occuper de la caméra. Aja a très bien compris qu'un remake est inutile s'il n'apporte pas d'éléments nouveaux par rapport à l'original. Bon, je n'ai pas visionné la version de 77 mais je suppose que c'est ce qu'Aja a réussi à faire: réécrire le scénrio afin d'apporter une autre vision de l'oeuvre, le regard d'un autre artiste, et c'est justement ce qui est intéressant, sinon on sombre dans la pauvreté de Psycho de Gus Van Sant par exemple (exemple extrême, j'en conviens). Il fallait donc trouver le juste équilibre entre hommage et actualisation.
Le long commence par un excellent générique: on sent d'emblée se pointer la critique de la famille américaine, ainsi que celle, plus facile, de l'usage du nucléaire (bouh, c'est pas trop bien ça!). L'histoire est très classique et Aja ne révolutionne certainement pas le genre, cédant même parfois à la facilité en proposant un épilogue des plus frustrant: une espèce de happy end détourné. De surcroît, il laisse le goût amer de l'inachevé, ce qui est plus grave. On pense immédiatement à une suite. Mais l'épilogue raté est l'un des seuls vériatables défauts de ce long métrage d'horreur. Je terminerais juste avec un dernier reproche, l'incapacité d'Aja à foutre la frousse de jour alors que de nombreuses possibilités s'offraient à lui. Bref, cette version de La Colline offre son lot de scènes marquantes, notamment celle de la première attaque des mutants dans la caravane où l'une des filles se fait violer en même temps que la mère est assassinée. Bon, ce scènes ne sont pas en version intégrale, le cinéaste a dû se plier à quelques coupes sous la pression de la censure américaine. Des morceaux perdus que l'on retrouvera avec grand plaisir dans l'édition DVD du film (je m'en lèche déjà les babines). Néanmoins, cette version cinéma est riche en violence. Le meilleur passage est celui où le père part à la recherche de son enfant, prisonnié des mutants. Il découvre alors un village test en plein coeur du désert: quelle merveilleuse symbolique de la parfaite petite bourgade américaine! Les mutants y côtoient des mannequins aux formes élégantes, comme pour mieux les faire souffrir de leur différence. On retiendra également ce drapeau américain planté dans le crâne d'un mutant: voilà une victime de l'Amérique. La mise en scène est excellente, la photographie est belle et la musique percutante (rythme frénétique et violence), mais elle sait aussi se taire dans les moments les plus horribles. Les acteurs sont convaincants, sans pour autant que l'un se démarque plus de l'autre.
Cette deuxième vision de La Colline mérite largement le détour. Aja ressemble un peu à Eli Roth, la même passion pour le gore les fait se ressembler, mais je dirais que Roth a plus tendance à sombrer dans la parodie à trop vouloir respecter les codes du genre. Aja a indéniablement plus de talent. On attend donc avec une grande impatience un quatrième film plus personnel écrit par lui-même et qui confirmerait son... génie?

En deux mots: Un très bon remake, malgré un épilogue raté. Vivement la version DVD!




--16/20--

# Posté le jeudi 13 juillet 2006 09:14

Modifié le vendredi 14 juillet 2006 10:05

VOL 93 - Paul Greengrass

VOL 93 - Paul Greengrass
Film américain avec Lewis Alsamari, Khalid Abdalla, Omar Berdouni (2006).






















Résumé: 11 septembre 2001. 4 avions sont détournés par des terroristes dans le but d'être crashés à New York et à Washington. 3 atteindrons leur cible, pas le vol 93. En temps réel, les 90 minutes qui se sont écoulées entre le moment où l'appareil a été détourné et celui où il s'est écrasé après que ses passagers, mis au courant par téléphone portable des attaques contre le World Trade Center à New York, eurent décidé de se sacrifier pour éviter que l'appareil atteigne Washington.-Résumé Allôciné-

Le soleil pénètre dans ma chambre au travers les rideaux, dessinant quelques papillons dorés sur les murs. La chaleur m'a réveillé. Il va faire beau aujourd'hui. Je m'étire, frotte mes yeux, me lève, la tête encore un peu embuée. Mon réveil indique sept heures cinquante, le onze septembre. Par la fenêtre, je vois la ville s'étendre sous mes pieds, elle brille comme un trésor où chaque building est un diamant, autant de torches incandescentes pointées vers le ciel céruléen. La lumineuse cité est déjà bien éveillée: je distingue quelques bouchons sur les routes, des camions de pompier filent à toute vitesse vers le sud de Manhattan, les trottoirs sont bondés de monde. Je bâille. J'ai faim, je vais me préparer mon petit déjeuner. J'aime New York. J'y ais toujours vécu. Et puis mon job me plaît bien, c'est bien payé et tranquille. J'avale mon café d'un coup. Le téléphone sonne, personne au bout du fil, de la friture. Je prend ma douche, je m'habille. Mon appartement est très confortable, perché bien haut, petit trois pièce dont un splendide séjour avec baie vitrée. Le soleil envahit tout. Aujourd'hui c'est très lumineux. Je suis content. La journée commence bien. Je travaille au World Trade Center, j'y suis l'agent comptable d'une très riche société française. Tous les matins je prend le Taxi, le métro ce n'est pas pour moi. Il fait vraiment beau dehors. La ville resplendit. Tour Nord, huit heures quarante. Tout le monde est là, prêt pour une nouvelle journée de boulot. J'allume mon ordinateur, je répond une première fois au téléphone, je demande un café à un collègue, je regarde par la fenêtre, Seigneur...
5 ans après le drame, Paul Greengrass porte à l'écran la plus grande catastrophe de ces dernières années. Je vais faire court car inutile de critiquer trois plombes ce film, qui n'est évidemment pas à prendre comme n'importe quel film. Le cinéaste choisit la simplicité, la vérité, l'authenticité: il filme avec respect ce sujet si sensible, surtout qu'à l'heure actuelle la cicatrice est loin d'être guérie. Il refuse tout effet de divertissement (l'avion n'est jamais vu de l'extérieur, le crash final est éludé, utilisation d'images d'archive pour le crash des avions dans les tours), tout patriotisme facile, instaure un style documentaire pertinent (on a vraiment l'impression de vivre les événements de l'intérieur, le temps réel aidant). Malgré l'apparente froideur du style, l'immersion est totale, on est dans l'avion en même temps que les victimes, on vit avec eux, on les accompagne jusqu'au bout. Pas de violons lacrymaux, très peu de musique à vrai dire. Pas de stars au générique, ce qui facilite l'identification des personnages. Pas d'histoire particulière, juste celle de cette journée, et plus particulièrement de ce vol qui manqua sa cible. Ce Vol 93 est très intense émotionnellement, un vrai film choc, très réaliste et intelligent dans sa démarche. La mise en scène est magistrale, une véritable leçon de cinéma. Une leçon d'humanité, un témoignage, un film qu'il faudrait que tout le monde regarde. Un film sur la haine, un horrible traîté, glacial. La fin est aussi efficace que choquante. Le long écran noir nous met face à nous-même. Les lumières de la salle s'allument, le silence est totale, le malaise est perceptible, on en ressort avec la cafard, les gens se regardent mais ne se parlent pas. Bluffant.

En deux mots: chef-d'oeuvre. Paul Greengrass a tout compris, fait oublier les erreurs de Spielberg sur Munich et annonce celles de Stone sur World Trade Center.




--*/20--

# Posté le lundi 17 juillet 2006 15:14

(CINEMA) SHEITAN - Kim Chapiron

VELVET GOLDMINE - Todd Haynes
Film français avec Vincent Cassel, Olivier Barthelemy, Roxane Mesquida (2005).



































Résumé: La veille de Noël, Bart, Ladj, Thai, Yasmine et Eve quittent une soirée qui a mal tournée. Eve, très allumeuse, les invite chez elle. Mais lorsque la jeunesse des villes se retrouve dans les griffes de Joseph, l'étrange gardien de sa maison de campagne, la rencontre bascule dans le conte sanglant...-Résumé Allôciné-

Kim Chapiron est l'un des fondateurs de kourtrajmé, un collectif de jeunes artistes (réalisateurs, musiciens, acteurs, chanteurs, graphistes, etc...) qui compte aujourd'hui près de 135 membres actifs. Dans les acteurs, notamment, il y a Vincent Cassel et Mathieu Kassovitz. Pour les chanteurs on retrouve Mai Lan (qui interprète une splendide chanson très déconseillée aux âmes sensibles que vous pouvez retrouver en version censurée ici et non censurée ici), La Caution ou T.T.C (avec leur fameux clip "Ceci n'est pas un clip", à voir!). Leur travail est à réserver à un public adulte averti, mais il est de qualité. Leur dernière grande oeuvre en date est le long métrage Sheitan, mis en scène par Kim Chapiron et interprêté par des acteurs amateurs, proches de Vincent Cassel (également producteur du film), notamment Monica Belluci (même si j'avoue ne pas l'avoir aperçue dans le long! Bref, Sheitan est intéressant et décevant à la fois, je ne sais pas trop comment le prendre, comment aborder la critique d'une oeuvre si atypique. Je ne sais pas si je dois détruire leur travail ou plutôt l'encenser, je ne sais pas si ce sont les qualités ou les défauts qui prennent le dessus. Je pense qu'il faut déjà être dans un certain "trip" pour pouvoir entrer dans l'intrigue, je trouve qu'elle est un peu trop réservée aux jeunes d'une certaine catégorie, ou plutôt non pas l'intrigue, mais la façon dont l'intrigue est amenée, introduite. Ca commence dans une discothèque et Mouloud fait son show (alors déjà si on ne connaît pas Mouloud..., ce qui était mon cas!). C'est peut-être un peu trop "référencé", je ne sais pas. Je ne suis pas certain de pouvoir retranscrire ce qui me gêne. Difficile à dire.
Le scénario est sans doute le point faible de ce film. L'histoire est bien simple et les rebondissements sont absents. Aucune tension, aucun suspense, ou très peu. C'est très linéaire, assez prévisible dans l'ensemble, même si certains personnages sont atypiques. Le prologue est un peu long et on se demande où le scénario va nous emmener. L'intrigue met au moins une heure à se mettre en place et la fin est un peu expédiée. En gros, une bande de jeunes se retrouvent dans une maison isolée (tiens donc) en compagnie de personnages très folkoriques au faciès étranges, évoquant une consanguinité (une petite communauté qui rappelle Calvaire). Parmis ces personnages on a Joseph, joué par Vincent Cassel, indubitablement son rôle le plus marquant depuis celui de "Vinz" dans La Haine, avec ses dents cariées, sa voix rauque de fumeur et sa couperose de poivrot. Vincent est un grand acteur. Mais ça je le savais déjà alors ça ne m'a pas vraiment surpris. La mise en scène est par contre le point fort du long. Très "clippée", elle multiplie les plans intelligents comme celui de l'accouchement (épouvantable) ou encore celui de la baignore (culte, non?). La réalisation et la photographie donnent comme l'impression d'être sous l'effet d'une substance hallucinogène. C'est très rythmé et visuellement intéressant. Non, il y a pas à chier, la mise en image est superbe. Pour peu que l'on connaisse la patte de kourtrajmé... Le fan de la première heure sera aux anges. Cependant j'ai trouvé la musique anodine, même ringarde, très clichée. Tout comme certaines scènes d'ailleurs. Je ne sais pas comment les prendre. Est-ce volontaire? Si oui, dans ce cas, c'est réussi. Le film de Chapiron se termine sur un ultime tableau familial de toute beauté, l'une des plus dérangée de la planète cinématographique française.

En deux mots: Scénario classique et bancal mais réalisation originale, Sheitan vaut surtout le détour pour son interprète principal, Vincent Cassel, juste parfait.




--13/20--

# Posté le mercredi 19 juillet 2006 12:00

Modifié le jeudi 24 mai 2007 07:30

LES CHORISTES - Christophe Barratier

LES CHORISTES - Christophe Barratier
Film français avec Gérard Jugnot, François Berléand, Jacques Perrin (2004).







"Achetez une bougiiiie, pour l'indonésiiiie!" -Air Connu- (seul mon entourage peut comprendre cette petite blagounette, hé hé)











Résumé: En 1948, Clément Mathieu, professeur de musique sans emploi accepte un poste de surveillant dans un internat de rééducation pour mineurs ; le système répressif appliqué par le directeur, Rachin, bouleverse Mathieu. En initiant ces enfants difficiles à la musique et au chant choral, Mathieu parviendra à transformer leur quotidien. -Résumé Allôciné-

Comment avoir du succès en salles? Christophe Barratier nous donne ses secrets, sa recette de cuisine, il nous file son moule bien beurré. Pour être certain que le gâteau va tenir debout, il faut se munir d'une base solide: quoi de meilleur qu'un film déjà existant? L'idée est géniale, prendre un vieux succès et le remettre au goût du jour, en faire un remake en somme. En l'occurence, Les Choristes est le remake parfaitement non assumé de La Cage aux Rossignols de Jean Dréville, datant de 1945. "Librement adapté de..." nous dit le générique. Mouais. Qu'importe, on a notre point de départ. Maintenant, il faut en faire un conte populaire, bourré de bons sentiments, blindé de niaiseries, plein à craqué d'émotions. Ouais! Ca c'est le succès assuré. On prend des enfants, plein d'enfants, des gueules d'anges, blondinets, aux voix exquises. Mon dieu que c'est beau, j'en ais la larmichette à l'oeil. Tiens, pour pimenter le tout on va en mettre un méchant dans le lot: c'est gratuit, ça rehausse un peu le goût, bon c'est facile aussi, on s'en branle. Ils vont tous aimer, c'est certain. Pour attirer les foules, quoi de mieux que de mettre un héros, un acteur qui a fait se bidonner des générations de spectateurs (français hein, uniquement les français adorent ce genre d'humour)? Aller hop, Jugnot en personnage principal, un rôle à contre-courant, très sérieux. On va friser le chef-d'oeuvre, les gars! Yeah! Jugnot en musicien raté, en pion un peu perdu, mais heureusement la musique va tous les sauver. Aaaah la musique! Existe-t-il art plus fédérateur que la musique! Quelques accords bien pensé, quelques notes bien placées, quelques paroles enfantines bien senties et ça y est, on la tiens notre BO, et celle-la va faire un carton dans les bacs. Les gens vont se l'arracher! Se l'a-rra-cher je te dis!!!
La trame scénaristique est très classique, c'est bien simple, on s'attend à tout. La mise en scène est heureusement efficace, quoique... Les acteurs sont bons, faut bien le dire, Berléand en tête, qui n'est vraiment bien que dans les rôles de salaud, qu'il est drôle! L'ambiance générale est plutôt travaillée, il n'y a qu'à se repasser les premières séquences où Jugnot arrive dans l'orphelinat. Non, franchement, l'ensemble se suit de manière agréable, tout s'enchaîne logiquement, c'est bon enfant, et en plus c'est presque une comédie musicale, que demander de plus? Sérieux! C'est un film très familial, bien construit, gentillet, amusant, dramatique aussi. Le discours sur la jeunesse est beau, la caméra sait capter quelques regards attendrissants, quelques gestes, quelques émotions. On a la chair de poule et les larmes aux bords des paupières. C'est tout ça à la fois Les Choristes, et oui. Résultat? Le succès public et critique était au rendez-vous: Waw c'est beau, j'en ais pleuré toutes les larmes de mon cooooorps (et dieu sait que j'en ais, des larmes). Mais bon, voilà quoi. Moi je suis un mauvais. Et j'aime les films méchants. Celui-ci est trop gentil, trop mignon à mon goût. Bon, il y a bien l'allusion à la pédophilie, qui a valu au film un PG-17 aux Stazini, mais ce n'est pas assez voyons. Je ne sais pas moi, il aurait fallu un dénouement inattendu, quelque chose de particulier, une tournure bizarroide, un peu plus d'originalité, plus dramatique, ou plus drôle, au choix! Les Choristes, c'est une guimauve trop parfaie pour être réaliste, une histoire pour grand-mères nostalgiques, mais pas un film pour nous voyons, qui aimons le grand cinéma, le vrai, le frissonant, le gluant, le grandiose. Il n'y rien de grandiose dans ce petit drame familial trop tranquille, trop propre, trop "cleen" (pour faire djeuns) pour être sincère. Non mais on se fout de nous, c'est clair!

En deux mots: Oh et puis merde, lisez la critique! ;)




--10/20--

# Posté le samedi 29 juillet 2006 09:35

L'effet "LOST"

L'effet "LOST"
"I'm lost" Perdu dans la jungle. Perdu dans la jungle des séries télévisées. Torturé. Tous les samedis, des milliers de téléspectateurs impatients regardent Lost sur TF1. Et comme tout ces moutons, tout ces esclaves, je fait de même. Non, pour rien au monde je ne raterais un nouvel épisode de ce suspense bien ficelé. Et pourtant. Je ne suis pas bien fier de moi! Me voilà pris au piège, prisonnier, comme le serpent qui charme le charmeur, ksssss! Mais Lost c'est quoi? C'est une série télévisée dont personne ne comprend rien mais qui captive tout le monde. C'est une espèce de très long métrage au casting prestigieux et aux effets spéciaux limites (c'est bien de la télévision et non du cinoche, ça me rassure tout à coup), qui joue sur un suspense insoutenable: où se trouvent les rescapés? Dans un monde parallèle? Dans le purgatoire entre la vie et la mort? Victimes d'une expérience militaire ou d'une machination gouvernementale? La série donne tout le temps des nouveaux éléments qui épaississent le mystère, sans jamais, mais jamais, donner des éléments de réponse. A moins que ces éléments soient eux-même déjà des éléments de réponse, j'en sais quedalle finalement. Car je suis esclave de cette série, pris au piège, perdu. Perdu dans la jungle.
Lost, c'est avant toute chose l'incarnation parfaite de tout ce que je déteste dans les séries télévisées, l'archétype idéal de ma plus grande souffrance: commencer une histoire, et peut-être ne jamais voir la fin. Débuter une intrigue, la voir s'étoffer, et la peur, cette peur du rattage, imaginez, la révélation finale fait effet d'un soufflé qui s'essouffle, ça fout les boules. Et puis peut-être que les scénaristes ont commencer à écrire sans même connaître eux-même la fin, multipliant les intrigues secondaires pour mieux masquer cette faiblesse. Mais n'est pas Stephen King qui veut, qui avait amorçcer l'écriture de sa saga de La Tour Sombre sans même savoir ce qu'est la tour sombre. Ca me ferait mal aux couilles d'avoir suivi toute cette affaire comme un détective devant un jeu de piste, pour finalement être déçu par une fin toute pourrave. En fait, Lost n'est encore rien. Elle deviendra quelque chose une fois achevée: ou bien la plus grande supercherie télévisuelle jamais réalisée, ou bien une excellente série qui a su jouer habilement avec les nerfs du pauvre spectateur impussant. Et puis merde, c'est sa faute au téléspectateur. Il n'a qu'à aller au cinéma, au moins la fin de l'intrigue arrive au bout de deux heures, bon pas toujours mais bon...
Quand j'étais plus jeune, je suivais X-Files, que je jugais la meilleure série actuelle étant diffusée à la télévision. Je ne sais pas si vous connaissez un peu, mais outre les intrigues secondaires individuelles (une histoire qui trouve sa fin à la fin de l'épisode, par exemple dont l'action se droule dans une maison hantée), au fur et à mesure des saisons la série à développé une grosse intrigue qui se lit au travers de tous les épisodes et dont le suspense était centré sur l'existence ou non des extra-terrestres et l'implication ou non du gouvernement dans ces affaires douteuses. Cette intrigue à pris le pas sur les autres et a fini par alourdir considérablement le rythme des épisodes. L'ensemble est devenu ennuyeux, pompeux, et le tout s'est embourbé dans du grand n'importe quoi. Le charme de Gillian Anderson ne suffit pas et malgré ses nombreux atouts, je fus dégoûté de la série. Depuis, j'en suis aucune. C'est trop chiant de devoir être devant la télévision tous les mercredis à 18 heures. Et puis si quelqu'un les enregistre, et bien il faut trouver le temps de les visionner par la suite. Bof. Ce n'est pas pour moi. Et puis il y en a des franchement nulles, dont la vision d'un seul épisode suffit à me faire vomir: Charmed (pas du tout crédible et effets spéciaux ratés au possible), Buffy (à en mourrir de rire, avec leurs masques là, pfff), Angel (c'est la même sauce, tout aussi nul et conventionnel) font partie de celles que je déteste par dessus tout. Et j'en oublie, c'est certain. Bon, j'avoue avoir regardé quelques Nip-Tuck dont j'apprécie le côté politiquement incorrect, mais sans vraiment beaucoup d'intérêt: je ne ressens pas le besoin de voir d'autres épisodes... Et malgré tout le bien dont on me fait part au sujet de Desperate Housewives, j'ai du mal à me motiver pour regarder. C'est comme ça.
Au final, cet article pour dire quoi? Pour dire que je n'aime pas les séries et pour dire que j'adore Lost autant que je déteste.

# Posté le mardi 08 août 2006 04:29