Résumé: Pour fêter leur anniversaire de mariage, Big Bob Carter, un ancien policier de Cleveland, et sa femme Ethel ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie. Big Bob est sûr que faire la route tous ensemble les aidera à resserrer des liens familiaux un peu distendus. Même si tout le monde vient, personne n'est vraiment ravi d'être là. Lynn, la fille aînée, s'inquiète du confort de son bébé. Son mari, Doug, redoute de passer trop de temps près de son beau-père. La jeune Brenda regrette de ne pas être allée faire la fête à Cancun avec ses amis. Et Bobby ne s'intéresse qu'aux deux chiens de la famille. Une route désertique va conduire les Carter vers le pire des cauchemars...-Résumé Allôciné-
Alexandre Aja, lui je connais. C'est le mec qui a réalisé Haute Tension avec Cécile de France. Pour les curieux qui ont vu ma critique (écrite lors des balbutiements de ce blog), vous avez sans doute remarqué que j'ai très fortement descendu ce film. J'ai même osé le qualifier de "mineur". On arrête tout. J'en ai entendu tellement de bien que je vais le revoir et le redécouvrir avec un oeil "neuf". Et je m'excuse auprès de tous les lecteurs qui ont justement pointé du doigt mon ignorance en matière de film d'horreur. Vous avez raison, je n'y connais quasiment rien, je les regarde simplement, les aime ou les déteste. Ensuite je donne mon avis sur cette plateforme qui vaut ce qu'elle vaut, sans doute pas grand chose, mais elle a le mérite d'exister. Je vous promets de réécrire cette critique une fois que j'aurais revu le long métrage avec Philippe Nahon. Passons. La colline a des yeux est l'adaptation du film culte de Wes Craven datant de 1977, à l'époque où il savait exploiter à fond son talent: qu'il n'a d'aillurs pas perdu, mais qu'il sait moins bien nourrir. Wes Craven lui-même a assuré la production de ce remake, pour laisser le jeune cinéaste français le soin de s'occuper de la caméra. Aja a très bien compris qu'un remake est inutile s'il n'apporte pas d'éléments nouveaux par rapport à l'original. Bon, je n'ai pas visionné la version de 77 mais je suppose que c'est ce qu'Aja a réussi à faire: réécrire le scénrio afin d'apporter une autre vision de l'oeuvre, le regard d'un autre artiste, et c'est justement ce qui est intéressant, sinon on sombre dans la pauvreté de Psycho de Gus Van Sant par exemple (exemple extrême, j'en conviens). Il fallait donc trouver le juste équilibre entre hommage et actualisation.
Le long commence par un excellent générique: on sent d'emblée se pointer la critique de la famille américaine, ainsi que celle, plus facile, de l'usage du nucléaire (bouh, c'est pas trop bien ça!). L'histoire est très classique et Aja ne révolutionne certainement pas le genre, cédant même parfois à la facilité en proposant un épilogue des plus frustrant: une espèce de happy end détourné. De surcroît, il laisse le goût amer de l'inachevé, ce qui est plus grave. On pense immédiatement à une suite. Mais l'épilogue raté est l'un des seuls vériatables défauts de ce long métrage d'horreur. Je terminerais juste avec un dernier reproche, l'incapacité d'Aja à foutre la frousse de jour alors que de nombreuses possibilités s'offraient à lui. Bref, cette version de La Colline offre son lot de scènes marquantes, notamment celle de la première attaque des mutants dans la caravane où l'une des filles se fait violer en même temps que la mère est assassinée. Bon, ce scènes ne sont pas en version intégrale, le cinéaste a dû se plier à quelques coupes sous la pression de la censure américaine. Des morceaux perdus que l'on retrouvera avec grand plaisir dans l'édition DVD du film (je m'en lèche déjà les babines). Néanmoins, cette version cinéma est riche en violence. Le meilleur passage est celui où le père part à la recherche de son enfant, prisonnié des mutants. Il découvre alors un village test en plein coeur du désert: quelle merveilleuse symbolique de la parfaite petite bourgade américaine! Les mutants y côtoient des mannequins aux formes élégantes, comme pour mieux les faire souffrir de leur différence. On retiendra également ce drapeau américain planté dans le crâne d'un mutant: voilà une victime de l'Amérique. La mise en scène est excellente, la photographie est belle et la musique percutante (rythme frénétique et violence), mais elle sait aussi se taire dans les moments les plus horribles. Les acteurs sont convaincants, sans pour autant que l'un se démarque plus de l'autre.
Cette deuxième vision de La Colline mérite largement le détour. Aja ressemble un peu à Eli Roth, la même passion pour le gore les fait se ressembler, mais je dirais que Roth a plus tendance à sombrer dans la parodie à trop vouloir respecter les codes du genre. Aja a indéniablement plus de talent. On attend donc avec une grande impatience un quatrième film plus personnel écrit par lui-même et qui confirmerait son... génie?
En deux mots: Un très bon remake, malgré un épilogue raté. Vivement la version DVD!
--16/20--



